COURS SANS TE RETOURNER

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 cours-sans-te-retourner A partir de 11 ans
Drame – Pépé Danquart – Allemagne, France – 2014 – 1h47 – VAST
Prends ta vie en main !
Srulik, 8 ans, s’échappe du ghetto de Varsovie. Animé par un instinct de survie incroyable, il se bat tout seul dans les bois et le froid, obligé de renier son identité. D’après une histoire vraie.

Srulik, 9 ans, réussit sous l’insistance de son père, à s’enfuir du ghetto de Varsovie. Tout seul dans la forêt pour échapper aux soldats allemands, il apprend à se battre contre une nature souvent hostile. Quand le froid de l’hiver et la solitude deviennent insupportables, il cherche refuge dans les villages où les habitants, par peur des représailles allemandes, réservent à ce petit juif un accueil souvent glacial. Heureusement qu’il rencontre une famille de partisans, qui lui apprend la nécessité de renier son identité et sa religion pour pouvoir survivre. Il se fait donc passer pour un petit orphelin catholique du nom de Jurek. Ce n’est qu’en s’identifiant petit à petit avec son personnage fictif, qu’il réussit l’improbable : échapper à la folie meurtrière de cette époque.

Ce film, inspiré d’une histoire vraie des années 40 et néanmoins d’une grande actualité, veut montrer « notre possibilité et notre responsabilité d’organiser la vie librement, pour nous et pour les autres – même si tout se dresse contre nous. » (Traduit de l’allemand : Cornelia Hermann, laufjungelauf-derfilm.de) Dans la biographie qu’Uri Orlev a écrit sur Srulik, Jurek, Yoram Fridman, ce dernier dit que la liberté c’est « quand il n’y aura plus de murs et qu’on peut continuer à marcher sans que rien ne nous arrête. » (Lauf Junge, lauf, Uri Orlev)

Prix d’interprétation féminine au festival de Kargow en Pologne attribué à Elisabeth Duda dans le rôle de la partisane
Prix du public au festival de Cottbus 2014 , Allemagne
Prix du public au festival de Boston 2014, USA
Prix du public au festival de San Francisco 2015, USA
Prix METROPOLIS du meilleur réalisateur 2014 pour Pepe Danquart, Allemagne

Sélection officielle au festival de Cannes – écrans juniors
Sélection officielle au festival de Rome, Italie

Ils ont fait le film

Le réalisateur : Pepe Danquart

Comme au cinéma

Interview de Pepe Danquart dans le journal allemand Tagesspiegel : « La force, de provoquer la chance. »

Avec « Cours sans te retourner », le réalisateur allemand – oscarisé pour un court métrage – Pepe Danquart s’aventure en terrain inconnu. Dans cet interview, il parle de son héros- enfant et de la lutte contre kitch et clichés.

Tagesspiegel : (… ) De nombreux films et livres traitent du national-socialisme et de l’holocauste dans la perspective de l’enfant. Quelle est votre approche particulière ?

Le livre de Uri Orlev, qui raconte le combat de survie de Yoram Fridman, est une histoire passionnante à la Huckleberry Finn, ayant en arrière plan la Deuxième Guerre mondiale. Même si je croyais tout savoir sur cette époque, cette perspective fut nouvelle pour moi. À travers les yeux de l’enfant, l’époque est racontée sous un tout autre angle.

Tagesspiegel : Vous avez visiblement cherché un moyen, qui visuellement correspond à cette perspective.

En tant qu’enfant, on perçoit souvent les choses plus grandes qu’elles ne le sont en réalité. Un tas de sable nous semble être un château fort, des culottes accrochées sur un fil de linge nous paraissent être des drapeaux. Nous avons intégré ces perceptions dans les images du film. Ainsi nous percevons la forêt dans la perspective de l’enfant comme une menace, et en même temps comme un abri, qui fournit à l’enfant la sécurité des mois et des années durant. On travaille beaucoup avec des plans généraux qui montrent l’homme minuscule dans l’infinité du paysage qui l’englobe. Sur l’écran, c’est une grande image lorsque le garçon met presque une minute pour traverser en courant tout le panorama.

Tagesspiegel : Les enfants ont-ils une volonté de survie plus forte que les adultes ? Est-ce une possible morale du film ?

Je ne voudrais pas en faire une généralité. Peut-être que la volonté de vivre est plus forte au début, alors qu’à 50 ou 60 ans, on intervient plutôt de façon plus résignée. Yoram Fridman m’a raconté, qu’en ces temps-là, plus d’un millier d’enfants ont cherché du refuge dans cette forêt. Il n’est au courant que de deux autres enfants qui ont survécu. Yoram était un enfant très intelligent avec une forte volonté. Sa confiance dans sa propre force le marque encore aujourd’hui. Probablement, ce traumatisme l’habite toujours, mais en même temps, cette enfance l’a rendu fort. Plus tard, il s’en est souvent sorti parce qu’il a eu de la chance, mais il a toujours eu la force de provoquer cette chance.

Tagesspiegel : Qu’est ce que Fridman a pensé du fait que c’est justement un Allemand qui filme son histoire ?

Ce fut une de mes premières questions que je lui ai posée. Il m’a répondu que j’appartiens à une génération, née 10 ans après la guerre et qu’il ne veut pas généraliser. D’un autre côté, il ressent comme une satisfaction que ceux, qui lui ont infligé autant de malheur, lui dédient un film à la fin de sa vie. Il ferait plus de confiance aux Allemands pour faire un bon film, qu’aux Américains. Sa plus grosse crainte était qu’on fasse de l’histoire de sa vie une histoire kitsch.

Tagesspiegel : Pour un enfant de cet âge, la question la plus importante est à qui faire confiance. Comment avez-vous rendu la question de la confiance dans le film ?

À force d’essayer et de se tromper, le garçon acquiert une certaine connaissance du genre humain. Une Polonaise protège ce garçon inconnu en risquant sa propre vie, d’autres le livreraient aux nazis pour une bouteille de Vodka. La question : « Qu’est-ce que moi, j’aurais fait ? » est évidente dans le film.

Tagesspiegel : La discussion autour de la série télévisée « Nos mères, nos pères » (« Unsere Mütter, unsere Väter », série de télévision de 2013 qui raconte, d’un point de vue allemand, l’histoire de cinq amis allemands pendant la Deuxième Guerre allemande (ndlr), montre clairement qu’on observe de très près comment des cinéastes allemands s’expriment par rapport à cette thématique. Or, votre film a été accueilli très positivement en Pologne.

Puisque dans « Nos mères, nos pères », même les partisans sont de façon simpliste présentés comme des nazis, il n’est pas étonnant que les Polonais s’indignent. C’est un sujet d’une grande actualité là-bas. L’intérêt des médias lors de la première de « Cours sans te retourner » à Varsovie fut énorme. Pour le moment, le film a atteint en Pologne 100000 spectateurs – c’est vraiment beaucoup pour une production allemande. Le fait qu’un réalisateur allemand puisse tourner une histoire judéo-polonaise en Pologne dans la langue du pays montre clairement le rapprochement européen.

Tagesspiegel : Dans quelle mesure la façon de traiter des sujets sur le national-socialisme a changé dans le cinéma allemand ?

Je suis très fier que nous ne montrons aucun drapeau nazi. Nous avons fait abstraction aussi des clichés de défilés militaires. La guerre est continuellement présente sans décor historique : par les ruines, par les vêtements misérables, dans le comportement des gens. Une présentation réaliste du contexte historique de la vie quotidienne est pour moi beaucoup plus importante que des symboles excessifs. C’en est terminé de la pensée manichéenne des anciens films – cela existait aussi dans le cinéma polonais des années 50, où tous les Polonais étaient résistants. Le bien et le mal cohabitent en chacun de nous, et, sur cette base, nous prenons nos décisions personnelles.

Tagesspiegel du 17/04/2014 (traduit de l’allemand)

Les acteurs Andrzej et Kamil Tkacz (Srulik et Jurek) :

Interviev d’Andrzej et Kamil Tkacz dans le journal allemand Tagesspiegel : « Cours sans te retourner : échapper a la Gestapo. »

Dans le film « Cours sans te retourner », Andrzejk et Kamil Tkacz jouent le rôle du juif Srulik, qui pour survivre se fait passer pour un orphelin catholique. Jolinde Hüchter, reporter pour enfants, a parlé avec eu du tournage.

Jolinde Hüchter : Dans le film « Cours sans te retourner », vous vous partagez le rôle principale. Qui a joué Jurek et qui Srulik ?

Andrzej : À tour de rôle, on ne peut donc pas dire qui a joué quel rôle.

J.H. : On ne vous a pas souvent confondus ?

Kamil : Non, parce qu’Andrzej a joué le matin, et moi l’après-midi. Sauf quand il y avait des changements au niveau des plans, les gens avaient des problèmes.

J.H. : Être acteur, c’est difficile?

Kamil : Toute l’équipe nous a beaucoup aidés pour nous repérer sur le plateau de tournage et de bien sentir notre rôle.

Andrzej : Et Kamil a des facilités pour éclater en sanglot! Il a tourné toutes les scènes de pleurs, parce qu’il y arrive très bien.

J.H. : Comment était pour vous la coopération avec Pepe Danquart?

Andrzej : On a beaucoup discuté. Il n’y n’avait pas de problème de compréhension, alors que nous ne parlons pas la même langue. Il nous a toujours dit, comment jouer une scène, cela nous a beaucoup aidés.

J.H.: Qui a décidé quelles parties chacun de vous jouerait ?

Kamil : Pepe Danquart est jumeau lui-même et il nous a tout de suite compris. On l’a déjà vu au moment des essais. Au bout de deux, trois jours, il savait d’une certaine manière, qui allait mieux pour quelle scène.

Andrzej : Kamil a eu les scènes de pleurs, moi, je savais jouer particulièrement bien les scènes de courses poursuites. Tous les soirs, on a reçu un planning pour savoir qui devait jouer, quoi et quand.

J.H. : Quel scène vous a le plus amusé ?

Andrzej : Les scènes où j’ai échappé a la Gestapo.

Kamil : Quand je me suis caché dans le marais.

J.H. : Comment vous avez fait dans le film pour que l’on croit que Jurek a perdu son bras ?

Andrzej : On avait une prothèse en silicone. Le vrai bras était caché devant ou derrière le corps, selon la position de la caméra. Des fois, on a couru toute la journée avec le bras dans le pantalon.

Kamil : J’ai même complètement oublié pendant le repas que le bras n’est pas là.

J.H. : À la fin du film, Srulik parle en yiddish. Où est-que vous l’avez appris ?

Andrzej : C’est moi qui ai joué cette scène. Je ne parle pas le yiddish, j’ai dû l’apprendre par cœur. Je me suis entraîné a longueur de journées.

J.H. : À la place de Srulik, vous seriez allé à l’orphelinat juif à Varsovie ou seriez-vous retourné à la ferme ?

Andrzej : À la fin, Srulik vit une scène au bord du fleuve très difficile et très importante. Il se rappelle que son père lui a dit qu’il ne faut pas qu’il oubli qu’il est juif. Il comprend : s’il retourne chez les Kowalski à la ferme, il oublierait son père et le trahirait.

J.H. : Avez-vous fait la connaissance de Yoram Fridman ?

Andrzej : Nous l’avons vu sur le plateau de tournage en Allemagne et l’avons revu lors de la Première à Varsovie. Il était très ému, quand il a vu sur le plateau de tournage à quel point tout un chacun s’est donné de la peine pour montrer sa vie. Pendant certaines scènes qu’il a vues, il n’allait pas bien du tout. Surtout quand il a vu la prothèse. Il était présent quand elle fut montée. Il allait tellement mal, qu’il a dû retourner a l’hôtel.

J.H. : Savez-vous, comment vos familles ont vécu la Deuxième Guerre mondiale ?

Kamil : Notre arrière-grand-père était juif et s’est caché pendant la guerre. Heureusement, ce n’était pas aussi dramatique que pour Srulik, mais il s’est caché aussi. Et notre arrière-grand-mère était partisane. Avec 13 ans ! (Les deux garçons rient)

J.H. : J’ai lu quelque part que vous connaissez le Jujitsu. Vous voulez bien nous faire une démonstration ?

Les jumeaux rigolent, un peu gênés. Ils hochent la tête, déposent les lunettes, les gilets et les montres. Andrzej chuchote quelque chose dans l’oreille de son frère. « Jamais, jamais », dit Kamil en riant. Avec un geste rapide, Andrzej lui tourne le bras sur son dos et Kamil, très adroite, fait une roulade sur le sol. Puis, ils changent de rôle. Ils se battent très habilement et connaissent exactement l’intention de l’autre.

(Tagesspiegel du 17/04/2014 (traduit de l’allemand)

L’actrice Elisabeth Duda (la partisane)

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