TSCHICK

 

TSCHICK

À partir de 13 ans

Comédie – Fatih Akin – Allemagne – 2016 – 1 h 33 – VOST

Un doux été d'anarchie.

Ce sont les vacances. Maik, 14 ans, issu d'un milieu aisé mais brisé, s'ennuie. L’autre exclu de la classe, Tschick, rapatrié de Russie, lui propose alors un “roadtripˮen Valachie pour rendre visite à son grand-père. Et ce, avec une vieille Lada que Tschick a “empruntéeˮ! Très vite, le but du voyage est oublié : fidèle à une histoire de Coming-of-age, les deux héros, en se cherchant eux-mêmes, traversent le monde et affrontent des épisodes drôles, dangereux, amoureux... Devenir adulte, « c’est ce qui m’intéresse le plus. Trouver le roc en soi-même, c’est le sujet du film ». (Fatih Akin) Ce film est une adaptation du très célèbre roman du même nom de Wolfgang Herrendorf, publié en 2010.

Pistes pédagogiques : l'amitié, la recherche d'identité, la liberté, la rébellion, la famille, la sexualité.
En savoir plus... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=231284.html
https://www.visionkino.de/unterrichtsmaterial/filmhefte/filmheft-zu-tschick
7, avril, 202014:00séance tout publicCinéma TURENNECarte

Ils ont fait le film

Fatih Akin

Fatih Akin est né à Hambourg, Allemagne, de parents immigrés turcs. Dès son enfance, il  décide de travailler dans le monde du cinéma. Au lycée, il participe au groupe théâtre, écrit des pièces de théâtre, des scénarios dont il en envoie un, peu avant le bac, à un producteur allemand, qui l’embauche pour faire des petits travaux derrière et devant la caméra. Après le baccalauréat, il entreprend des études liées au cinéma à Hambourg, à Cologne…

 

Son premier film sort en 1998, avec comme acteur principal Moritz Bleibtreu  (connu entre autres pour son rôle dans Munich, de Steven Spielberg). Depuis, Fatih Akin tourne, joue, produit de nombreux  films dont entre autres :

Head On (2004, Ours d’or à la Berlinale 2004) ;

Crossing the Bridge : The sound of Istanbul, (documentaire, 2005) ;

De l’autre côté (2007, Prix du meilleur scénario à Cannes) ;

Soal Kitchen (2009, grand Prix du jury, Mostra de Venise) ;

In the fade (2017, Prix du meilleur film en langue étrangère aux Golden Globes ; Prix d’interprétation féminine (Diane Krüger) à Cannes).

 

Cinéaste engagé, Fatih Akin refuse de participer à la Première de Soal Kitchen en Suisse pour protester contre l’interdiction suisse de constructions de minarets.

En 2006, il proteste contre l’administration Bush en arborant un T-shirt avec le nom du président américain. Mais le S de BUSH fut remplacé par une croix gammée. Une plainte fut déposée et la police allemande a mené des investigations contre lui. Fatih Akin soutint que son T-shirt était « plus qu’une simple provocation » et de renchérir : « La police de Bush est comparable au Troisième Reich. Je pense que, sous Bush, Hollywood a tourné certains films à la demande du Pentagone pour normaliser des choses comme la torture et Guantanamo. Je suis convaincu que l’administration Bush souhaite une Troisième Guerre mondiale. Je pense que ce sont des fascistes. » (traduit de l’anglais)(https://en.wikipedia.org/)

En 2013, Fatih Akin écrit une lettre ouverte au président turc, Abdullah Gül, pour s’insurger contre la violence policière lors des manifestations en Turquie et la censure des média. Il soutient une initiative de créateurs et créatrices culturels, demandant à Angela Merkel et d’autres politiques européens d’agir pour mettre un terme à la violence contre la population turque. Dans sa lettre rédigée en allemand et en turc, il écrit : « J’appelle à votre conscience : arrêtez cette folie ! » (traduit de l’allemand) (https://de.wikipedia.org/)

Depuis 2017, Fatih Akin est membre de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, qui distribue les Oscars.

 

Anand Batbileg  dans le rôle de Tschick

Entretien avec Popspoken (traduit de l’anglais)

 

Popspoken : Comment avez-vous eu le rôle ?

Anand : C’était une histoire très drôle.  L’agence de casting cherchait un Mongol, parce que Tschick est censé venir de Mongolie avec un air de Russe. Ils ont envoyé des mails partout, parce qu’ils ne trouvaient personne. Mon père travaillait à l’ambassade de Mongolie.

C’est ainsi que le mail s’est trouvé dans son bureau. Il l’a imprimé et me l’a donné.  Je l’ai lu et, pendant un moment, je l’ai ignoré, mais après deux mois, j’ai décidé de réagir. Donc, finalement, j’ai tout fait au dernier jour, à la dernière minute. Après quelque temps, ils m’ont sollicité pour jouer le rôle. Je leur ai envoyé les informations personnelles et des photos et ils m’ont demandé de jouer quelques scènes. Ainsi, le casting a duré à peu près deux mois.

 

Popspoken : Est-ce que c’était un grand choc culturel pour vous quand vous êtes venu de Mongolie en Allemagne ?

Anand : Je réalise que les Allemands sont très organisés. Ils sont très « je dois faire cela à temps ». Pas comme les Mongols, nous sommes très relaxes et lents. Mais avec le film, ce fut effectivement un choc culturel. C’était quelque chose de très nouveau pour moi. Je vis à Berlin depuis 5 ans maintenant et j’ai tourné ce film il y a un an et demi. Je suis un peu maintenant comme les Allemands. Et ce fut la première fois que je faisais un vrai boulot. J’avais une responsabilité, et ce fut très nouveau pour moi. Ouais, je pense que ce fut une bonne expérience.

 

Popspoken : Comment avez-vous trouvé le processus de production ?

Anand : La production ne pouvait pas trouver les acteurs qui convenaient. Alors, le tournage a commencé très tard. Il était prévu de tourner en été, mais on a commencé en septembre. Deux mois de tournage, nous devions tourner de septembre à novembre. Et l’histoire se déroule en été ! Il y avait là des problèmes !

Tout d’abord, il faisait froid. Et les arbres n’étaient plus vraiment verts. Alors, pendant le montage, ils ont tout dû colorier et cela a pris beaucoup de temps. En octobre et novembre, l’eau était vraiment froide en Europe. Et le dernier jour, nous filmions une scène d’eau. On devait rentrer dans l’eau plusieurs fois, puis sortir, se sécher, retourner dans l’eau… Il fallait faire plusieurs plans sous différents angles de caméra et plusieurs prises de vue. C’était la dernière journée, on a réussi et le résultat était superbe. Tout a été fait à la hâte, comme ils essayaient de finir au plus vite, ainsi ils avaient moins de travail à la postproduction.

 

Popspoken : En ce qui concerne les scènes de conduite,  racontez-nous votre expérience et combien de temps avez-vous mis ?

Anand : En Allemagne, les lois sont très strictes. J’avais 13 ans au moment du tournage. Alors je n’avais bien sûr pas le droit de conduire. C’est le cascadeur qui m’a donné des leçons.

Deux semaines avant le début du tournage, ils m’ont donné des leçons de conduite ; comme cela, devant la caméra, on dirait que je sait conduire.  Sur le toit, ils avaient installé un siège pour le cascadeur qui contrôlait ainsi la voiture d’en haut. On avait différents modèles de voitures dont une transformée pour qu’on puisse s’assoir sur le toit et conduire la voiture d’en haut. Donc, dans la majorité des scènes où ils n’ont filmé que nous, c’était le cascadeur qui faisait tout d’en haut. On avait juste à faire semblant de conduire.

Mais parfois, il était permis de conduire. Dans les plans qui montrent une vue complète de l’intérieur de la voiture avec nous dedans, c’est moi qui conduis. Je devais faire semblant de changer de vitesse, des fois c’était très difficile de tout synchroniser avec le cascadeur. Quand il changeait de vitesse, je devais le faire le plus vite possible, pour que cela paraisse authentique.

 

Popspoken : Si, en Mongolie, vous pouviez faire une excursion en voiture comme vous l’avez fait dans le film, le feriez-vous et pourquoi

Anand : Tout d’abord, les Mongols sont très affectueux. C’est presque comme une tradition. Normalement, quand des gens viennent chez toi, tu les renvoies. Mais les Mongols sont très amicaux. Quand quelqu’un frappe à votre porte, on l’invite à rester la nuit ou quelque chose comme cela. Je pense alors qu’un tel voyage pourrait être possible. Tu prends juste une voiture, sors dans la nature, et fais le tour de la place. Tu verras une maison tous les 50 km à peu près. Donc, ouais, je pense je pourrais le faire.

 

Popspoken : Qu’avez vous ressenti en tant qu’Asiatique dans un film allemand ?

Anand : Je me suis très bien entendu avec l’équipe. On était comme une petite famille.

Mais il n’y a pas beaucoup d’acteurs asiatiques dans le monde du spectacle,  particulièrement en Allemagne. Il y a beaucoup d’Asiatiques en Allemagne, mais pas beaucoup d’acteurs asiatiques qui représentent la communauté asiatique dans le monde du spectacle.

Tout d’abord, je ne connaissais pas l’importance de mon rôle dans le projet. J’étais un des peu nombreux Asiatiques dans l’industrie allemande. Mais maintenant, quand j’y pense, je suis pas mal fier de cela. Il n’y a pas beaucoup de gens qui ont réussi à faire un si grand film, en particulier dans l’industrie allemande.

 

Popspoken : Avez-vous des projets de tournage dans l’avenir ?

Anand: Je trouve que jouer, c’est très drôle. Je l’aime assez. C’était mon premier film et j’ai pensé qu’il était réussi. Je suis maintenant inscrit dans une agence, et je verrai quelle tournure cela prendra. Je suis assez ouvert pour de nouveaux projets.

 

Popspoken : Ya-t-il quelques bons tuyaux, que vous emporteriez de ce film pour les transmettre aux jeunes Singapouriens ?

Anand : Juste de faire ce qui te plaît. Pour ton avenir. C’est ce que j’ai appris. Il ne faut pas faire quelque chose de trop grand. Il ne faut pas devenir millionnaire ou avoir une belle voiture. C’est chouette, bien sûr, mais je pense que c’est plus important de pouvoir faire quelque chose que tu aimes.

Ça peut être n’importe quoi – tant que tu aimes le faire, poursuis-le. Mais cela n’a pas de sens de vivre ta vie en faisant quelque chose que tu n’aimes pas, plutôt que quelque chose que tu aimes. Je suis très reconnaissant au Goethe institut qui a rendu ce trip possible. J’adore Singapore. Mon conseil aux jeunes gens c’est juste : fais ce que tu aimes faire, tout ce qui te rend heureux. (https://popspoken.com/arts/2017/05/tschick-anand-batbileg)

 

 

Tristan Göbel dans le rôle de Maik

Né en 2002, Tristan Göbel a joué des rôles pour enfants dans de nombreux longs et courts métrages, dont De l’autre côté du mur, de Chrisitan Schwochow, sortie en France en 2014.

Ensemble avec Anand Batbileg, il a été récompensé par le Prix spécial au News Faces Award en 2017 pour Tschick.

 

Entretien avec Tristan Göbel au festival de Zlin (Rep. Tchèque) (traduit de l’anglais)

Est-ce que vous vous êtes identifié avec le caractère de Maik ? Est-ce que vous vous sentez proche de votre héros ?

J’ai bien réussi à rentrer dans le personnage de Maik Klingenberg. J’aime jouer des rôles d’exclus. Je ne suis pas comme Maik dans la vraie vie. J’ai mes camarades d’école, des copains, et tout cela.

Quelle était la scène la plus rigolote ? Ou est-ce qu’il y avait des scènes dangereuses ?

La scène la plus drôle c’était quand on a jeté tout notre équipement dans la piscine, dans la vie normale, on ne ferait vraiment pas cela. Cela n’a jamais été particulièrement dangereux. Ils ont bien fait attention à nous.  peut-être la scène avec le vélo et le policier, parce que j’ai roulé très vite sur des pavés. Puis, nager dans le lac, il faisait vraiment froid, on était fin octobre ! (https://www.zlinfest.cz/en/26261n-interview-wit-tristan-gobel-zlin-film-festival-young-star)

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Ils en parlent

« Film exclusif en France, Tschick est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Wolfgang Herrndorf, succès critique et public outre-Rhin. »  https://www.senscritique.com/film/Goodbye_Berlin/critique/129821709

 

« Presque six ans jour pour jour après sa parution, le livre d’Herrndorf se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs à l’occasion du lancement du film adapté par Fatih Akin, réalisateur maintes fois récompensé : Head-OnSoul Kitchen. Les rôles principaux sont tenus par Tristan Göbel, qui joue Maik, et Anand Batbileg, qui joue Tschick. Wolfgang Herrndorf a parlé de l’importance qu’a eue pour lui Tschick dans son blog autobiographique « Arbeit und Struktur » (travail et structure) : “ Je me plonge dans l’histoire que j’écris comme je me plongeais dans les livres que je lisais à douze ans”. L’auteur, mort en 2013, n’a pas eu le temps de vivre toute l’étendue du succès de Tschick. » https://www.goethe.de/ins/fr/fr/kul/mag/20811924.html

 

Sites en allemand :

 

« (…) En fait, tout était nouveau. Tschick est pour Akin  la première adaptation d’un livre, un genre, dit-il qu’on pourrait facilement comparer avec la traduction, activité qu’il connaît, car il a travaillé comme traducteur de sous-titrage dans un studio de synchronisation.

Mais pour Tschick, il aurait dû travailler comme il imagine son travail à Hollywood, dit-il : un scénario nul, une terrible course contre la montre, une attention soutenue, un studio d’enfer, et Akin ne s’occupe que de la réalisation. Tschick ne serait pas un échauffement pour Hollywood, mais une simulation. » (traduit de l’allemand) https://www.welt.de/kultur/kino/article158071938/Alles-was-man-ueber-Tschick-den-Film-wissen-muss.html

 

« (…) S’il (Fatih Akin) est content du résultat ? “Je pense que j’ai approché le sentiment que j’ai eu en lisant le livre.”  Aussi modeste que cela puisse paraître, c’est quand-même l’essentiel d’une adaptation littéraire. Et en effet, il a tapé dans le mille. L’amour qu’il porte aux protagonistes, une mélancolie, qui n’est pas trop sombre, un comique sans chahut. Vraiment, Fatih Akin a réussi. Et c’est le mieux qu’on puisse dire de l’adaptation filmique du livre préféré (des jeunes Allemands). »(traduit de l’allemand) https://www.zeit.de/kultur/film/2016-09/fatih-akin-tschick-film

 

« Akin confie les rôles  de Maik et Tschick à deux garçons, qui ont l’âge de leurs personnages. Les deux acteurs sont superbes. Anand Batbileg dans le rôle de Tschik (…), Tristan Göbel dans le rôle de Maik (…).

Le miracle, et pas le moindre, de Tschick : en tant que spectateur on fait confiance aux garçons  ‒ ils peuvent s’y prendre comme des ânes, ils réussiront ‒ c’est sûr ‒ de manger à leur faim. » (traduit de l’allemand) https://www.spiegel.de/spiegel/print/d-146740392.html

 

https://www.fbw-filmbewertung.com/film/tschickhttps://www.jugend-filmjury.com/film/tschick

https://www.schule-bw.de/themen-und-impulse/ideenpool-lesen/buchtipps-und-links/buch_des_monats_mit_archiv/jahr2016/2016-12/tschick-links.pdf

https://www.morgenpost.de/kultur/article208243617/Tschick-Mit-dem-Lada-durch-das-Maisfeld-brettern.html

https://www.film-rezensionen.de/2017/03/tschick/

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Bande Annonce et vidéos

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