LE VOYAGE DU PRINCE

 

LE VOYAGE DU PRINCE

À partir de 7 ans

Animation – Jean-François Laguionie & Xavier Picard – France – 2019 – 1 h 18 – VF

L’Homme est-il civilisé ?

Un vieux prince échoue sur un rivage qui est pour lui un nouveau continent. Blessé et perdu, il est retrouvé par le jeune Tom et recueilli par ses parents, deux chercheurs exclus de l’académie des sciences parce qu’ils ont osé croire à l’existence d’autres peuples… Le professeur cache le prince dans son laboratoire clandestin au cœur d’un vieux muséum d’histoire naturelle. Cette découverte est pour lui l’occasion rêvée de faire avancer ces recherches pour convaincre enfin l’Académie de la véracité de ses hypothèses. Le prince, guidé par son ami Tom, découvre avec enthousiasme et fascination avant de déchanter cette civilisation développée, industrielle et pourtant si refermée sur elle-même.

Pistes pédagogiques : l’Homme, ville et nature, civilisation et progrès, science et vérité, migrants.
En savoir plus… www.gebekafilms.com/fiches-films/le-voyage-du-prince/
7, avril, 202017:00séance tout publicCinéma METROPOLIS Carte
8, avril, 202014:00séance tout publicCinéma TURENNECarte
10, avril, 202014:00séance tout publicCinéma METROPOLIS Carte

Ils ont fait le film

Extraits du Dossier de presse Le voyage du Prince PDF

JEAN-FRANÇOIS LAGUIONIE Auteur – Réalisateur

Né en 1939 à Besançon, il se passionne dès l’enfance pour le dessin. Après des études aux Arts Appliqués, il rencontre Paul Grimault qui l’initie à l’animation et dont il va partager l’atelier pendant près de dix ans. Là, il va concevoir ses premiers courts métrages. Le succès en festivals est à chaque fois au rendez-vous, jusqu’à la Palme d’Or du Court Métrage au Festival de Cannes pour La Traversée de l’Atlantique à la rame. En 1979 il se lance dans la grande aventure du long métrage avec Gwen, le livre de sable avec une petite équipe installée dans une ancienne filature, La Fabrique. Le studio se tourne ensuite vers la production de collections de films TV et de courts métrages. Associé à d’autres studios européens, il travaille sur plusieurs séries en gardant la fabrication en Europe. En 1999 il réalise Le Château des singes, un fi lm beaucoup plus ambitieux et grand public que le précédent. Il enchaînera avec L’Ile de Black Mor adapté de son propre roman puis Le Tableau avec Blue Spirit Productions sorti en 2011 et enfin, Louise en hiver avec JPL films, sorti en salle en novembre 2016.

LONGS MÉTRAGES

1985 • Gwen et le livre de Sable

Prix au festival d’Annecy et Los Angeles.

1995 • Le Château des singes

Prix au festival du Caire et celui de Kecskemet,

Prix « découverte » aux rencontres d’Hollywood.

2003 • L’Île de Black Mor

2011 • Le Tableau

Nommé aux César 2012, prix à Anifi lm République Tchéque, Animafest Croatie (mention spéciale du jury)…

2016 • Louise en hiver

2019 • Le Voyage du prince

 

 

Xavier Picard, réalisateur

Xavier Picard a écrit, réalisé et/ou produit 300 heures d’animation dont des films et séries pour Jean Chalopin, Hanna Barbera, Luc Besson et Mamoru Ooshi. Ces films et séries ont été distribués dans plus de 100 pays par Avi Arad, Bohbot Int., Nippon Animation, TF1 Int., Freemantle Media et Indie Sales. En long métrage, Xavier Picard a réalisé le film d’animation Les Moomins sur la Riviera qu’il a coécrit et coproduit. Le film est sorti depuis 2015 dans plus de 70 pays dont la France, le Japon, le Royaume Uni, la Scandinavie, la Chine et les USA. Xavier Picard développe avec Vera Belmont Seconde Génération – Les secrets de mon père d’après le roman graphique de Michel Kichka, film en cours de financement.

 

 « Donner un coup de rame » par Xavier Picard

Depuis le choc émotionnel ressenti à la découverte du fi lm La Traversée de l’Atlantique à la rame, je n’avais jamais eu l’occasion de croiser la route de Jean-François Laguionie jusqu’au jour où, à la demande d’Armelle Glorennec et d’Eric Jacquot, je débarque en Bretagne dans l’atelier du maître.

D’un épais dossier, il extrait la première planche du Voyage. J’y vois un homme inconscient échoué sur une plage. Il me coupe :

« – Non, pas un homme, c’est un singe ! »

Puis il me parle d’une fable où des singes sont mis en scène, et aussi d’un travail préparatoire de plusieurs années avec l’aide d’Anik Le Ray à l’écriture, de Jean Palenstijn au graphisme et de Christophe Héral à la musique, un long métrage d’animation dénommé Le Voyage du Prince.

« – Non, pas un film d’animation, un fi lm tout court ! » corrige-t-il.

Oups… Je ferais mieux de me taire. A la prochaine gaffe, il me remet dans le train pour Paris. Et puis non, il me propose de monter à bord pour entreprendre le Voyage ; de lire, de regarder, de proposer, de donner un coup de rame pour que le fi lm se fasse. Je lis, je regarde, je propose et, de simple équipier, le maître me donne une place sur la passerelle du navire avec la bénédiction des armateurs Armelle et Eric.

J’ai mis la main sur la barre à côté de celle du capitaine et nous avons appareillé.

Note d’intention des producteurs

À peine la production du Tableau terminée en 2011, nous avions envie de travailler avec Jean-François Laguionie sur un nouveau projet. Nous lui avons alors proposé d’imaginer une suite au Château des singes et de redonner vie au Prince de Laankos – que tout le monde avait cru perdu lors de son expédition sur les glaces. Jean-François Laguionie s’est pris au jeu et s’est replongé dans l’univers qu’il avait initié dans les années 90, en proposant une suite libre… sous forme de miroir où l’arroseur de jadis devient l’arrosé d’aujourd’hui.

Chacun a ensuite été occupé de son côté : Jean-François par la réalisation de son très beau fi lm intime Louise en hiver, et nous par la production du très sensible Ma vie de Courgette de Claude Barras… Puis nous nous sommes à nouveau retrouvés et avons imaginé ensemble comment accompagner le mieux possible le vieux singe dans sa découverte de cette civilisation si riche… et si désespérante à la fois. Nous avons proposé à Xavier Picard de se joindre à l’équipe, et c’est ainsi qu’il est devenu le compagnon de voyage de Jean-François Laguionie, le temps du film pour une coréalisation.

Avec leur talent de conteurs et de scénaristes, Jean-François Laguionie et Anik Le Ray proposent le journal de voyage du Prince, mais pas son seul point de vue. Ainsi, le jeune Tom qui découvre le Prince échoué sur le rivage porte un autre regard sur le monde qui les entoure et ne s’émerveille pas des mêmes choses. Mais il boit avec avidité les paroles du Prince tandis que celui-ci, lui fait découvrir qu’un autre monde et que d’autres façons de penser existent. Ce qu’il est bon de se rappeler, en tout temps.

 

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Ils en parlent

Critique du journal Le Monde

« Le Voyage du prince » met en images le périple initiatique d’un vieux singe

Jean-François Laguionie et Xavier Picard signent un conte philosophique en animation, poétique et fantastique.

Par Clarisse Fabre  Publié le 04 décembre 2019 à 07h00

« Sous le film d’aventure se cache une œuvre au souffle révolutionnaire. Un vieux singe, prince en son pays, échoue sur un rivage et découvre un autre peuple de primates, les Nioukos, qui s’expriment et sont vêtus comme des humains. L’un d’eux, le jeune Tom, se lie d’amitié avec ce nouveau venu, grave et facétieux. Tom présente son nouvel ami à ses parents, un couple de scientifiques banni de l’Académie pour avoir prétendu que d’autres civilisations existaient. Reclus dans un muséum d’histoire naturelle, le couple voit dans l’arrivée du vieux singe la perspective de réhabiliter sa thèse… Mais le prince érudit n’entend pas se laisser étudier comme une bête sauvage. Le burlesque s’installe dans le film et les parents ne tardent pas à se retrouver dans la situation de l’arroseur arrosé.

Ainsi commence Le Voyage du prince, de Jean-François Laguionie et Xavier Picard, dans l’atmosphère d’une société repliée sur elle-même. Vingt ans avant ce film, Laguionie avait signé Le Château des singes (1999), que l’on peut voir comme un préambule : il y est question d’une tribu de primates vivant à la cime des arbres et redoutant de tomber dans le monde d’en bas, peuplé dit-on d’êtres à la réputation maléfique – le film est ressorti en salle mercredi 27 novembre.

Esprit critique décalé

Pionnier de l’animation, Jean-François Laguionie, âgé de 80 ans, est connu pour ses œuvres poétiques, drôles, à l’esprit critique décalé et délicatement teinté de pastels, dont l’emblématique Gwen, le livre de sable (1985), restauré et ressorti en salle le 2 octobre. Il obtint la Palme d’or du court-métrage à Cannes en 1978, puis le César du court-métrage d’animation en 1979, pour La Traversée de l’Atlantique à la rame – un homme et une femme passent leur vie dans une barque, à traverser des hauts et des bas.

Lire la critique de « Gwen, le livre de sable » : Les histoires surréalistes de Jean-François Laguionie, artiste du cinéma d’animation

Laguionie est aussi l’auteur du Tableau (2011) et de Louise en hiver (2016) – l’histoire d’une vieille femme confrontée à la solitude et renouant avec les éléments naturels pour survivre. Xavier Picard, lui, est connu pour avoir adapté avec Hanna Hemilä Les Moomins sur la Riviera (2015), d’après les créatures de l’illustratrice finlandaise Tove Jansson. Il a travaillé sur des séries télévisées dans les années 1990 et 2000, comme Littlest Pet Shop (1995) et Odd Family (2005).

Lire la critique de « Louise en hiver » : La traversée de la morte saison en solitaire

Derrière l’histoire d’amitié entre Tom et le vieux singe, Le Voyage du prince est un conte philosophique aux multiples ramifications, une réflexion sur la rencontre avec l’autre, sur les rapports de la ville avec la nature, etc. Laguionie et Picard situent l’histoire à la fin du XIXe siècle, symbolique de l’ère industrielle, de la croyance dans le progrès et dans l’existence de races supérieures. C’était aussi l’époque des expositions coloniales. Incarnation de la « pensée unique », les académiciens rappellent les caricatures politiques du peintre Honoré Daumier (1808-1879) : la plupart pérorent dans une atmosphère de cour d’école qui n’est pas si éloignée de l’actuelle Assemblée nationale.

Le film bifurque dans le fantastique lorsque la nature et les arbres, se vengeant d’avoir été repoussés en dehors de la cité, se mettent à envahir la ville

C’est toute la force de cette œuvre malicieuse qui, au détour de dialogues évocateurs, interroge ce début de XXIe siècle. Lors d’une balade nocturne dans la ville, au décor inspiré des tableaux de Gustave Doré (1832-1883), le vieux singe tel Candide découvre des gens au travail, fabriquant tous les mêmes produits, des habitants pressés de rentrer chez eux derrière les grilles d’immeubles…

Le film bifurque dans le fantastique lorsque la nature et les arbres, se vengeant d’avoir été repoussés en dehors de la cité, se mettent à envahir la ville. Dans la solitude du muséum d’histoire naturelle, laissé à l’abandon, la mère de Tom teste alors une invention visant à ratatiner les plantes. C’est diabolique, drôle et jamais trop appuyé. Il est temps pour Tom et le prince de s’élever dans les hauteurs où les attend une autre société. Au-dessus des pavés, la canopée. »

 

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Bande Annonce et vidéos

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