LES MOISSONNEURS

 

LES MOISSONNEURS

À partir de 15 ans

Drame – Étienne Kallos – Afrique du Sud, France, Grèce, Pologne – 2019 – 1 h 46 – VOST

Pour qui lèvera le blé ?

Dans la région la plus conservatrice des Afrikaners, Janno travaille dans la ferme de ses parents traditionalistes. Quand sa mère accueille Pieter, la vie apparemment tranquille de Janno sera perturbée. Ce jeune orphelin délinquant réveille en lui l’envie de contrecarrer les attentes qui lui pèsent. Tout ceci se passe dans un environnement hostile, car « bien qu’installée là depuis plus de trois siècles, (l’ethnie blanche) est “aujourd’hui à la croisée des chemins, obligée de se demander à quel monde elle veut appartenir” (Étienne Kallos), alors que l’éventualité de la redistribution des terres au profit de la majorité noire est plus que jamais dans l’air du temps. » (René de Rochebrune, dans Jeune Afrique )

Pistes pédagogiques : groupe social, famille, identité, acceptation de l’autre, sexualité adolescente.
En savoir plus… http://distrib.pyramidefilms.com/les-moissonneurs.html
Désolé, il n'y a pas de séance prévue pour le moment. Revenez prochainement !

Ils ont fait le film

Ils ont fait le film

Étienne Kallos

Étienne Kallos est né en 1972 au Cap de parents d’origine grecque. Après des études de cinéma à New York, où il vit actuellement, il réalise des premiers films, documentaires, courts métrages qui sont présentés à de nombreux festivals, tels que Cannes, Berlin, Sundance, Venise, où il obtient le Lion d’Or du meilleur court métrage en 2009 pour son film de fin d’études, Firstborn. L’argent obtenu par ce prix lui permettra d’aider à financer des voyages de recherches dans l’État Libre à l’est du pays.

Dans un entretien avec Davide Abbatescianni, il s’exprime sur le sujet profond de son premier long métrage, Les Moissonneurs, à savoir la fracture du continent sud-africain et de ses populations :

Étienne Kallos : « L’Afrique du Sud est mon pays et je voulais faire un film qui explore ce qui s’y passe aujourd’hui, pour montrer cinématographiquement une expérience nouvelle, difficile à exprimer par des mots. Être à la fois africain et européen signifie que mon identité est fracturée en deux. En dessous se trouve mon identité privée (une troisième fracture), et ainsi de suite. Je voulais explorer l’expérience de vivre dans la fracture, d’être déplacé culturellement et spirituellement, d’être le produit de cette ère postcoloniale. Les thèmes de la sexualité et de l’identité font partie de mes préoccupations permanentes, avec le questionnement et la réinvention de la perspective masculine. La culture Afrikaans, résolument patriarcale, s’efforce de résister au changement perpétuel de l’Afrique postcoloniale. C’est un contexte fascinant dans lequel travailler. » https://www.profession-spectacle.com/interview-etienne-kallos/

Interview avec Etienne Kallos

 

Entretien avec Etienne Kallos mené par Sébastien Hervieu

« Les fermiers sont une espèce en danger », assène la mère à son fils. Est-ce une impression ou une réalité ?

Les meurtres de fermiers existent. À chaque fois que j’allais sur place en tournage, on me rapportait une attaque dans le voisinage. Mais je ne parlerai pas de génocide blanc” comme certains le font pour politiser cette question. Il n’y a rien de systématique, de prémédité dans ces attaques. C’est plutôt de l’opportunisme car les fermiers afrikaners sont souvent isolés, et si vous menez une attaque, personne n’entendra les coups de feu. Ce sont des cibles faciles. Il ne faut pas non plus oublier qu’en Afrique du Sud, beaucoup de gens sont en colère car ils ont été dépossédés de leurs biens sous l’apartheid, et même avant. De même, l’actuel gouvernement [du Congrès national africain, ANC, au pouvoir depuis 1994] ne les traite pas bien. L’ANC a perdu des voix à cause de la corruption massive, alors il agite comme une carotte la politique de redistribution des terres, pour regagner son électorat. »

https://www.courrierinternational.com/article/afrique-du-sud-etienne-kallos-realisateur-des-moissonneurs-les-jeunes-afrikaners-sont-nes

 

Pour les jeunes acteurs principaux, c’est le premier film :

Brent Vermeulen dans le rôle de Janno

Alex van Dyk dans le rôle de Pieter

Le casting les a dénichés localement, sachant que Vermeulen n’a été retenu pour le rôle principal que deux semaines avant le début de la production.

Fils de fermiers dans la vraie vie, Alex van Diek s’exprime sur la situation économique et sociétale dans le Bible Belt en précisant : « Les Blancs payent aujourd’hui le plus d’impôts. Les Noirs prennent des terres mais ne savent pas les cultiver alors que les Blancs ont ce savoir-faire depuis ses décennies. »

https://www.lepoint.fr/culture/les-moissonneurs-un-film-etendard-pour-les-fermiers-blancs-d-afrique-du-sud-page-2-30-10-2018-2267344_3.php#xtatc=INT-500

Evgueni et Sasha Galpierre pour la bande son

« Les frères Galperine signent la musique du premier film sud-africain d’Étienne Kallos avec une partition d’accordéon et percussion. Pour le réalisateur, “la musique ne devait jamais induire la joie ou la tristesse, elle devait rester dans un juste milieu, pour que chacun puisse s’y projeter et avoir ses conclusions”. » https://www.cinezik.org/critiques/affcritique.php?titre=moissonneurs

[collapse]
Ils en parlent

Le dossier du distributeur

http://distrib.pyramidefilms.com/les-moissonneurs.html

 

Un film politique

« Mais le vrai objectif de ce long-métrage aux images léchées et au scénario rugueux, c’est de questionner métaphoriquement la situation actuelle des Blancs sud-africains. À travers le conflit entre parents et enfants – la première génération post-apartheid – et le conflit « culturel » entre deux adolescents qui ne peuvent se considérer comme des frères. » (Renaud de la Rochebrune, Jeune Afrique)

https://www.jeuneafrique.com/mag/735601/culture/cinema-les-moissonneurs-dans-le-monde-etrange-des-fermiers-blancs-sud-africains/

« Pour son premier film, le réalisateur, qui a grandi juste après l’apart­heid, livre une radiographie d’une communauté (la sienne) repliée sur elle-même, à travers l’histoire de deux garçons dressés l’un contre l’autre sur une terre au bord de l’embrasement. » Guillaumette Odicino. (Pour les abonnés de Télérama)

https://www.telerama.fr/cinema/films/les-moissonneurs%2Cn5603310.php

« Les Moissonneurs, à sa façon intense et âpre, confronte douloureusement une minorité blanche, héritière du colonialisme, à l’histoire récente d’une Afrique du Sud toujours en quête d’une société émancipée dans la réconciliation et l’égalité. »

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/02/20022019Article636862435550387660.aspx

« Ces terres, Etienne Kallos, jeune cinéaste, nous les a fait parcourir. Elles se situent à l’est de l’Etat libre, une des neuf régions d’Afrique du Sud, un haut plateau fertile et riche en minerais précieux où les fermiers blancs afrikaners ont prospéré pendant l’Apartheid, et qu’ils exploitent depuis que les ancêtres hollandais ont débarqué au Cap en 1662  : “Je voulais tourner dans la Bible Belt, explique Etienne Kallos, dans les paysages typiques de la culture afrikaner : les champs de blé, les églises, les routes difficiles et dans la partie est de l’Etat libre, où l’on trouve aussi des montagnes et un état mystérieux et sauvage”. »

http://www.kinoscript.com/les-moissonneurs-etienne-kallos/

« Alors que les cinémas sud-africains ont quasiment ignoré Les Moissonneurs, les familles des acteurs sont bien conscientes que la promotion du film même hors des frontières pourrait alimenter les tensions. Évoquant leur crainte de voir des « extrémistes » s’en prendre à leurs enfants pour des propos maladroits, les pères des acteurs ont demandé à relire leurs citations avant publication. L’un de ces pères a estimé que certains propos n’avaient pas été tenus par son fils, mineur ; nous avons donc décidé de les anonymiser. » (Ariane Lavrilleux)

https://www.lepoint.fr/culture/les-moissonneurs-un-film-etendard-pour-les-fermiers-blancs-d-afrique-du-sud-30-10-2018-2267344_3.php

 

Un film sensuel

« Janno est vierge. Grand ado bien bâti, une allure de scout tardif en short beige, il se trouve au stade imprécis du corps et de l’esprit. Sera-t-il l’Afrikaner viril que sa mère bigote réclame à Dieu (“Faites que sa semence soit forte”) ou embrassera-t-il la sensualité́ qui l’étreint au contact de son meilleur ami Henne, dans le cadre virgilien, épique et âpre de la campagne agricole sud-africaine ? La question sera à la fois résolue et dissoute par l’intrusion de Pieter, orphelin d’âme anarchiste, ado lui aussi mais qui connait la rue, le sexe, la vie, et que la famille adopte. »

https://www.grazia.fr/cannes/die-stropers-les-moissonneurs-un-premier-film-comme-un-depucelage-888508

 

Un très bon film

« Le premier film de Kallos témoigne d’une belle imagination, fertile, elle, et prometteuse. » (Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles)

https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/les-moissonneurs/

« À la fois un magnifique film immersif et un choc culturel sur l’émancipation. À voir absolument ! »

https://www.cineserie.com/critiques/cine/les-moissonneurs-lorsque-deux-jeunesses-sentrechoquent-2350888/

«  Les moissonneurs immerge dans le quotidien taiseux de cette famille rurale que seuls les cultes à l’église sortent de son isolement. Au centre du récit, deux adolescents s’affrontent, frères ennemis partagés entre la soumission au modèle communautaire et son rejet. Ils se disputent un amour parental incapable de s’exprimer et un héritage inconfortable constitué de biens terrestres, d’aspirations célestes et de lourds non-dits. » (Renou Nativel)

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/moissonneurs-coeur-dun-fief-afrikaner-2019-02-19-1201003617

« Cette délicate chronique abrupte au charme austère, permet à travers les récits d’apprentissage de deux adolescents à la mélancolie jumelle, de plonger au sein d’une communauté patriarcale d’Afrique du Sud peu représentée au cinéma, et de découvrir également un auteur prometteur. Deux bonnes raisons pour aller récolter en salles du plaisir pluriel par le biais de cette épopée psychologique incandescente avec ce singulier “Les Moissonneurs”. Biblique. Inquiétant. Intime. Ténébreux. « (Sébastien Boully)

https://www.benzinemag.net/2019/02/23/les-moissonneurs-un-premier-film-intime-et-tenebreux/

«  Une famille ultra-religieuse dans une ferme de la plaine du Free State, dernier bastion des Afrikaners blancs protestants d’Afrique du Sud. Janno, 15 ans, se voit soudain imposer un nouveau frère, orphelin des rues, que ses apparents ont recueilli “pour le sauver”. D’emblée les relations entre les deux garçons sont tendues. Janno, docile, entièrement soumis à la religion – on ne cesse de prier dans cette maison – fait son possible pour accepter Pieter, dont l’intégration s’avère délicate. D’où vient Pieter qui cauchemarde chaque nuit ? Pourquoi ne cesse-t-il de reprocher à Janno la méconnaissance de “la vraie vie ” ? Sur fond de paysages magnifiés par l’écran large avec troupeaux que l’on mène au fouet à travers des champs de maïs dorés, Les Moissonneurs évoque (un peu) Terence Malick (Les moissons du ciel, forcément) mais aussi Bergman (on y pense). Le “nouveau frère” se révèle un double menaçant pour le trop intègre Janno, tiraillé entre les doutes sur son origine, le passé de ses parents, le poids du colonialisme et une sexualité refoulée. On sent un danger qui plane (les massacres de fermiers sont courants dans cette communauté repliée sur elle-même) et une ambiance à la fois onirique et cathartique, maintenue de bout en bout. (…) Un premier long métrage très prometteur pour ce cinéaste sud-africain d’origine grecque qui vient se s’installer aux États-Unis.  » (Bernard Génin, Positif  n°696, février 2019).

 

Des critiques plus réservées

« Hélas, le film ne tient à nos yeux pas entièrement sur la longueur. Aux non-dits succèdent des scènes de plus en plus dialoguées aux allures de plus en plus didactiques et l’écriture manque peut-être de ruptures de ton et de personnalité nette pour sortir de ses rails. Le résultat est néanmoins solide, rehaussé par une fin noire et spectaculaire qui redonne du relief au long métrage. »

http://www.lepolyester.com/critique-les-moissonneurs/

« L’ensemble est vraiment particulier, très exigeant dans sa forme (ceux qui ont l’habitude des films qui défilent à toute allure trouveront sans aucun doute cette proposition de cinéma très longue et potentiellement pénible). C’est peu lisible et cela laisse un sentiment d’inachevé mais il y a assurément un regard et la photographie d’un univers qui détonne. » (Gaspard Granaud)

https://popandfilms.fr/les-moissonneurs-detienne-kallos-la-fin-dun-monde/

[collapse]
Bande Annonce et vidéos

[collapse]
Documents à télécharger et pistes pédagogiques

[collapse]

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

Les commentaires sont fermés.