UNE COLONIE

 

UNE COLONIE

À partir de 13 ans

Drame – Geneviève Dulude – Canada – 2019 – 1 h 42 – VOST

Si je deviens comme les autres, tue moi !

Dans une région du Québec, voisine de la réserve d’Odanak, Mylia, 12 ans, doit quitter sa petite sœur Camille et le confort de sa campagne natale pour fréquenter l’école secondaire. Elle est sensible et cherche ses repères dans un environnement qui lui semble hostile. Elle y rencontre Jacinthe, qui l’initie aux rites des ados, et Jimmy, jeune Abénaqui marginalisé du fait de ses origines amérindiennes, avec qui elle se lie d’amitié. À travers lui, elle apprend à s’ouvrir à elle-même et aux autres, à faire le choix de ne pas se plier aux codes sociaux, « du genre à dépasser dans les cahiers à colorier ».

Pistes pédagogiques : de l’enfance à l’adolescence, trouver sa place, assumer sa différence.
En savoir plushttps://www.waynapitch.com/une-colonie
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Ils ont fait le film

 

5 Questions à Geneviève Dulude-De Celles, 

réalisatrice de “Une Colonie”

  Baz’artPourquoi avoir eu envie de traiter de la thématique de l’adolescence dans votre premier long métrage, alors que le sujet a souvent été abordé au cinéma?

Geneviève Dulude-De Celles : En fait, sans vouloir vous contredire (sourires), je traite surtout de la période de la pré adolescence, c’est-à-dire du passage de l’enfance à adolescence.

En fait, la plupart des « teens movies» que j’ai pu voir abordent surtout le passage de l’adolescence à l’âge adulte, et je tenais vraiment à ce que mon personnage central ait 11-12 ans et pas plus âge.

J’ai le sentiment que le choc peut être brutal et plus marquant dans le passage entre ces deux périodes que la transition entre l’adolescence et l’âge adulte.

Je l’ai vécu à mon époque, et çela semble toujours être le cas aujourd’hui : de plus en plus, on demande aux jeunes de vieillir vite.  

Dans “Une colonie”, évidemment, il y a de mon expérience à moi. J’ai été marquée par cette époque. J’avais envie de la revisiter, peut-être pour faire la paix avec la préadolescente que j’ai été, à la recherche de repères dans un milieu qui est si hostile.

Par ailleurs, j’ai le sentiment que les films sur l’adolescence que j’ai eu l’occasion voir au cinéma, malgré certaines qualités évidentes, sont toujours un peu trop romancés, on n’y croit pas toujours, il était important pour moi de conserver une approche très réaliste du sujet et des situations, sans pour autant notamment éluder la partie fiction. 

Baz’art : En quoi ce premier long métrage prolonge le travail de vos précédents films, votre court métrage “La coupe”, et votre documentaire “Bienvenue à F.L” ?

Geneviève Dulude-De Celles: Tout a commencé en fait avec mon court  métrage “La coupe” qui parlait déjà d’une jeune héroïne de 11/12 ans et de sa relation particulière avec son père, divorcé de sa mère et de la façon dont elle percevait les choses.

J’ai eu la chance que ce film ait obtenu le Grand Prix du jury section court métrage au prestigieux festival de cinéma indépendant de Sundance, en 2014, et ensuite j’ai pu travailler au Sundance Institute, sorte de laboratoire de création aux États-Unis, pour écrire sur un sujet qui m’importait.

A mon sens, il me semblait que je n’avais pas tout dit sur ce sujet et que j’avais envie de l’approfondir plus du côté de l’enfance que des parents.

En parallèle à ce travail, j’ai réalisé un documentaire “Bienvenue à F.L”. avant ce long métrage, qui racontait aussi l’entrée en secondaire de jeunes adolescents.

En ayant passé plus de deux ans au sein d’une école secondaire j’ai pu être en contact avec plusieurs jeunes qui se sont confiés à moi, et toute cette matière m’a servi pour consolider l’écriture du film.


Baz’art : Pourquoi ce parti pris de véracité totale qui irrigue votre film, est ce justement dû à ce documentaire que vous avez réalisé? 

Geneviève Dulude-De Celles: Oui certainement, comme j’ai tourné “Une colonie” quasiment dans la foulée de “Bienvenue à FL”, je n’ai pas vraiment  quitté complètement mes réflexes documentaires.

Elle était fortement ancrée en moi, cette nécessité d’observer de plus près mon héroïne.

Mylia  a le sentiment d’être un peu à part en changeant d’établissements, et il était essentiel pour moi que les émotions vécues par une adolescente arrivant dans une nouvelle école soient identiques à celles qu’on a tous éprouvé dans ce genre de situation.

J’ai ainsi tenu pour privilégier une caméra à l’épaule, qui ne lâche pas mes personnages, et qui est prêt à capturer toutes les émotions, même les plus difficiles.


 Baz’art: Comment doit être perçu votre titre assez mystérieux,” une colonie”?

Geneviève Dulude-De Celles: J’avais envie d’une double lecture avec ce titre, qu’il évoque l’esprit communautaire de la petite ville-Pierreville, dans la région de mon enfance- où vit la jeune fille, il y a cette refléxion sous-entendue qui rejoint tout à la fois l’idée du collectif, c’est-à-dire une «colonie» comme un groupe de gens ensemble.

Mais je voulais également souligner la référence à notre passé de colonisateurs dont il est question dans une scène clé du film où on s’interroge sur les cours d’histoires enseignés à nos élèves.

J’avais envie qu’on parle de cette communauté Abénakise  et de l’emprise des québécois sur cette communauté, malgré ce que les livres d’histoire enseignés au secondaire persistent à dire.


  Baz’art : La plupart des jeunes comédiens du film sont des amateurs qui sont visiblement très proches de leurs personnages. La seule comédienne professionnelle est Emilie Biere qui joue Mylia qui a déjà une belle expérience au cinéma et en série au Québec…Pourquoi ce mélange entre des profils si divers  et comment la mayonnaise a pris si bien entre eux?

Geneviève Dulude-De CellesEn effet, Emilie a déjà pas mal d’années d’expériences de jeu, elle a commencé ses premières pubs et courts métrages à six ans à peine, donc ça lui fait huit ans de métier, plus que moi quasiment (sourires)…

Et c’est vrai qu’au départ j’avais quelques réticences car cela ne cadrait pas à mes envies de départ de faire un casting au sauvage avec des jeunes acteurs qui n’avaient pas l’expérience de la caméra.

Mais, très vite, lors des auditions, Emilie nous a totalement bluffé, elle nous a fait tous pleurer en fait.

C’est là que je me suis dit que je pourrais lui demander d’aller plus loin qu’avec des acteurs qui n’avaient jamais joué, elle a une telle maturité dans son jeu que c’en est extraordinaire.

Avec les autres acteurs, qu’on a trouvé après un gros casting sauvage de 5 mois dans la région où devait se déroulait le tournage, ça a été un énorme investissement et on savait pas toujours où l’on mettait les pieds.

Mais on a eu la  grande chance de répéter pendant deux mois avant le tournage, ce qui est assez rare, c’était un luxe qu’on a voulu prendre avec la productrice.

Cela a permis de construire une vraie complicité avec les acteurs et de préparer parfaitement en amont le tournage, et de réussir à capter cette vérité qui était essentielle à mes yeux et véritablement la raison d’être de ce film.


Interview réalisé pour le webzine Baz’art


Une Colonie :

“on voulait faire un film d’adolescent honnête, loin des clichés

– interview

Une Colonie est une petite perle de cinéma. Un film honnête, tendre et touchant venant du Québec. C’est l’histoire de Mylia, 12 ans, enfant timide et farouche qui rentre au collège  et laisse peu à peu son enfance derrière elle. Parfois de manière brutale. La réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles filme avec délicatesse ce passage si délicat de l’enfance à l’adolescence. On a eu l’occasion d’en discuter avec elle et son actrice principale Emilie Bierre, 15 ans, de passage à Paris.

  Dans combien de cinémas sort un film comme Une Colonie au Canada?

Geneviève Dulude-De Celles : Il est très rare que les films québécois traversent les frontières québécoises. En Amérique du Nord, il y a moins cette tradition cinéphilique qu’en France et en Europe. Au départ, on était censé faire 5 salles au Québec. Au final, on a été programmé dans 12, 13 salles ce qui est énorme pour un film comme le nôtre. Ce n’est pas un film « commercial » même s’il s’adresse à mon sens à un large public. Mais il n’a pas été présenté de la sorte. Cependant notre distributeur est très heureux. Une Colonie est le deuxième meilleur box -office de son catalogue en terme de film d’ »auteur ».

Il est donc quasiment impossible d’être diffusé dans le reste du Canada quand on est un film québécois tourné en français?

Geneviève : On  a gagné les Canadian Screen Awards qui sont les équivalents des Césars (Une Colonie a obtenu l’award du meilleur film et de la meilleure actrice pour Emilie Bierre –ndr). Le Canada anglais s’y est intéressé suite à ça et un distributeur a pris le film. Il a eu quelques projections ponctuelles à différents endroits du pays où on venait le présenter. Mais cela reste très confidentiel. On vous envie beaucoup en Europe. Il est difficile d’amener les gens au cinéma voir autre chose que des grosses productions américaines.

Une Colonie traite entre autre de l’intimidation et du harcèlement à l’école. La projection du film en festivals a-t-elle provoqué le débat ? Des spectateurs sont-ils ensuite venus vous parler touchés par ce sujet ?

Emilie Bierre : Oui. Même à Berlin. Je sais que le film s’adresse à tout le monde mais je ne m’attendais pas à ce qu’il touche autant dans des pays différents. La réaction des gens est forte. Geneviève : Je me suis retrouvée à écouter des gens en Corée du Sud qui me disaient se retrouver dans le personnage d’Emilie. Je me suis demandée comment quelqu’un en Corée pouvait s’identifier à cette jeune québécoise issue de la campagne. Les spectateurs s’accrochent sur des éléments différents du film.  Des jeunes sont venus me voir pour me partager des expériences d’intimidation à l’école ou m’ont confié qu’ils avaient du mal à trouver leur place, à Berlin on a beaucoup parlé des cours d’histoire et la lecture euro-centriste de notre histoire nord-américaine qui occulte la place des indiens (Une Colonie aborde le sujet -ndr), cela les a beaucoup marqués. D’autres ont évoqué la séparation familiale, les liens entre les sœurs.

Emilie et Geneviève, vous vous souvenez de votre première rencontre ? Vous vous connaissiez avant le film?

Emilie : Non. On s’est rencontrés lors de la première audition.

Geneviève : On avait peu de temps. On devait rencontrer plusieurs comédiennes. Mon copain, qui travaille aussi dans le cinéma, avait vu le premier ou deuxième long métrage d’Emilie alors qu’elle n’avait que cinq ans (Emilie Bierre a déjà 10 ans de carrière au Québec -ndr). J’étais déjà en train d’écrire Une Colonie et il m’a dit « cette actrice est incroyable ». Cela m’était restée en tête mais j’avais une autre actrice en vue pour le film. Finalement, elle s’est avérée trop âgée pour le rôle une fois que l’on a été en développement. Mais lors de l’audition, Emilie a réussi à me faire pleurer. En à peine 15 minutes. J’ai été touchée par son jeu. 

C’est compliqué les auditions pour une actrice?

Emilie : C’est tout le temps stressant. Tu répètes chez toi mais tu ne sais jamais ce que l’on attend de toi. Il faut savoir s’adapter. Mais ce jour-là, l’ambiance était très détendue. Je me suis sentie en confiance. 

Geneviève, tous les acteurs d’Une Colonie sont très jeunes et pour beaucoup n’avaient aucune expérience au cinéma.

Que recherchez-vous chez vos acteurs?

Geneviève : J’avais déjà travaillé avec des ados par le passé. C’est quelque chose que j’aime. Ce qui est particulier avec Une Colonie, c’est que l’on a fait un casting sauvage en province québécoise. On a rencontré 200 à 300 jeunes afin de trouver chacun de nos personnages. Je recherchais des acteurs qui aient un caractère similaire aux personnages qu’ils devaient incarner. On a fait deux mois de répétition afin de les former au jeu d’acteur et de créer une vraie connexion entre eux. C’était un défi de former des non acteurs mais à l’arrivée c’est gratifiant car il y a une très belle spontanéité et une vraie fraîcheur qui se dégagent de leur jeu. Ils n’ont pas les automatismes des acteurs habitués par la télé. Je ne faisais pas le même travail avec Emilie, qui est chevronnée, qu’avec les autres.

Qu’est-ce qui vous fascine tant dans cette tranche d’âge 12, 13 ans?

Geneviève : Au cinéma, on a beaucoup dépeint la transition entre l’adolescence et le monde adulte et peu entre l’enfance et l’adolescence que je considère comme une période charnière. On passe d’une période où l’on est sous l’égide de nos parents, on adhère à leurs croyances et leurs idéologies, pour un monde où l’on va développer un sens critique.

Cette transition entre le primaire et le secondaire est marquante. D’autant plus que les jeunes sont aujourd’hui amenés à vieillir plus vite qu’avant.

Quand on rentre au secondaire, il y a un contact avec les plus vieux, avec la sexualité qui peut-être violente. Je trouvais l’arrivée de ces premières bases qui jalonnent notre identité individuelle et collective  intéressantes.

Une Colonie est un peu l’anti-teen movie tel que le conçoivent les américains avec votre approche de filmer inspiré du documentaire

Geneviève : Oui. On a présenté le projet en disant que l’on voulait faire un film d’adolescent honnête. J’ai la frustration en tant que cinéphile de voir cet âge souvent dépeint à l’américaine avec des acteurs de 20 ans qui incarnent des ados de 14, 15 ans. C’est un peu un monde idéalisé. Au cours du tournage, je cherchais à valider auprès des plus jeunes la réalité de notre langage et de ce que je racontais. Mon précèdent projet était un documentaire sur l’adolescence. Cela m’a permis de m’en inspirer.

Emilie, t’es-tu reconnue dans ce personnage de Mylia?

Emilie : Oui. Tout de suite dès la lecture du scénario que j’ai trouvé bouleversant. Il ne tombait pas dans le cliché. Il était honnête. Je pense que tous les ados peuvent se retrouver dans au moins un des personnages.

Avez-vous des films fétiches sur l’adolescence?

Geneviève : J’avais des références bien sûr. J’ai beaucoup aimé Une histoire d’amour suédoise, film suédois de Roy Andersson (1970). Il possède un regard tendre sur les jeunes qui se prennent pour des adultes. Entre les Murs de Laurent Cantet (2008) aussi. Dernièrement, j’ai vu Jeune Juliette, un autre film québécois sur l’adolescence que j’ai beaucoup aimé. La réalisatrice Anne Edmond a aussi cette volonté de sortir du cliché du teen movie à l’américaine. Il y a aussi Eigth Grade ( de Bob Burnham, 2018) qui est pertinent surtout dans le cadre américain.

Emilie, qu’aimes-tu comme genre de film?

Emilie : Je regarde beaucoup de choses. Pas forcément avec des ados. Dernièrement, j’ai beaucoup aimé Call Me By Your Name.

Y a-t-il des acteurs ou des actrices qui t’inspirent?

Emilie : De but en blanc, je dirais Timothée Chalamet, Natalie Portman. Marion Cotillard aussi. 

De manière surprenante, il y a peu de téléphones portables dans Une Colonie?

Geneviève : Je voulais brouiller la notion de temps pour ne pas forcément marquer le film comme datant de 2019. Puis, c’était logique avec personnage de Mylia et ses parents hippies. D’autant plus qu’elle n’a que 12 ans. Jacinthe qui vient d’un autre milieu a elle un portable elle. Mais honnêtement, le téléphone portable n’est tellement pas cinématographique.

  Emilie, c’est troublant de découvrir un film fini et de se voir sur grand écran?

Emilie : On a beau connaître le film, il y a toujours une surprise. Au montage, l’ordre des scènes peut changer, des bouts d’une scène mis sur une autre. J’étais vraiment émue de découvrir le film d’autant plus que l’on m’a organisée une projection surprise pour mon anniversaire. J’étais toujours d’être le plus neutre possible quand je me vois sur l’écran.

Emilie, tu es porte-parole d’une fondation contre l’intimidation?

Emilie : Oui. Je suis porte-parole de la fondation Jasmin-Roy. J’ai moi-même vécu une intimidation en étant plus jeune. En étant actrice, je me suis rendue compte que je commençais à avoir une voix, un visage que les gens reconnaissaient et j’ai voulu en profiter pour aider les autres et parler publiquement de ce que j’ai vécu et de ce que d’autres subissent et n’osent peut-être pas exprimer. C’est une façon de dire Vous n’êtes pas les seuls. Ensemble, dénonçons. 

Olivier Portnol
Source : FilmsActu https://cinema.jeuxactu.com/news-cinema

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Ils en parlent

Si un jour je deviens comme les autres, tue moi » ponctue Mylia, l’héroïne d’Une colonie de Geneviève Dulude-De Celles, à la fin d’une lettre. Interprétée par la phénoménale Emilie Bierre, la blondinette de 12 ans, aussi discrète et effacée qu’une poule dans un chenil, se frotte à la réalité de son quotidien de provinciale qui débarque dans une nouvelle classe, aussi hostile que le fond d’un casier métallique. Entre ce nouvel établissement, les cabotinages de sa petite sœur Camille, ses parents qui se déchirent et son passage de l’enfance à l’adolescence, Mylia chancelle sur sa route, éclairée par instant par la présence quasi mutique et raisonnée de son voisin  Jimmy, un jeune autochtone méché. Pour des raisons qui diffèrent, tous deux sont rejetés et incompris de leurs camarades. C’est pourtant grâce à eux que les deux adolescents vont être amenés à se fréquenter et à s’apprivoiser pour surmonter les brimades. 

Récompensé entre autres des prix de meilleur film et de meilleure actrice aux Canadians Awards 2019Une colonie est un bouleversant récit initiatique qui sortira en salles le 6 novembre prochain. À travers ses nombreuses problématiques et thématiques que sont le passage à l’adolescence, l’intégration dans un groupe, la découverte de sa sexualité ou encore les leçons de civisme, le tout filmé avec une infinie justesse, Une colonie propose un point de vue universel sur ce moment charnière dans le quotidien d’une jeune fille réservée, en proie au sempiternel doute et à l’oppression exercée par un groupe.

Il s’agit du premier long métrage de fiction de la réalisatrice, et pourtant le cadre ainsi que le sujet de cette histoire, presque tournée en huis clos, a déjà fait l’objet de deux précédents films : La coupe un court métrage de fiction réalisé en 2014, vainqueur du festival de Sundance, et Bienvenue à FL, un long métrage documentaire réalisé l’année suivante. Avec ce casting impeccable où les jeunes ont le sentiment de devoir vieillir plus vite pour se donner de la contenance, la réalisatrice met un point d’honneur à représenter à travers un large éventail de personnages, les multiples réactions que provoque ce trouble en eux, tant dans les relations entre ados et adultes, qu’entre jeunes d’origines et de croyances semblables ou non. 

Ainsi, le film s’ouvre et fonctionne par contrastes et oppositions. La pureté du geste protecteur de Camille, la petite sœur de Mylia interprétée par Irlande Côté, qui tente de protéger le cadavre d’une poule déchiquetée par les chiens, provoque le rire moqueur des camarades de sa sœur, qui n’ose ou ne sait comment réagir, et qui la laisse dans son embarras. 

Avec son visage d’angelot et sa maturité déconcertante, Mylia a quant à elle une réputation souillée par la médisance des autres collégiens et la prétention, ou plutôt les aprioris xénophobes que véhiculent les habitants de sa bourgade. Son chemin de croix va donc consister à apprendre à s’écouter et à dire non pour ne pas être une cible facile des vices inhérents à la jeunesse d’aujourd’hui. 

Si elle se sent bien souvent contrainte de faire bonne figure pour être acceptée dans le groupe de pimbêches, Mylia est régulièrement remise sur le droit chemin par Jimmy (Jacob Whiteduck-Lavoie) lui aussi méprisé et esseulé. Très, voire trop mystérieux, on regrettera le peu de place et de temps de présence à l’écran qu’on cède à ce héros aka Jiminy Cricket.

En définitive, plus qu’un simple premier film prometteur, Une colonie est une œuvre nécessaire car elle agit tel un médiateur sur les spectateurs, qu’ils soient du même âge que le personnage de Mylia, ou bien qu’ils aient déjà quitté les bancs de l’école depuis longtemps. Avec cette photographie granuleuse aux tons chauds, la réalisatrice est brillamment parvenue à dépasser la structure classique du teen movie / parcours initiatique, pour nous offrir sans pincette, un récit fait d’anecdotes ancrées dans le réel, et donc aussi joyeuses que bouleversantes et choquantes. 

Pulp Movies

D’apparence on ne peut plus classique, ce film raconte le passage de l’enfance à l’adolescence de Mylia (Emilie Bierre, une révélation), une jeune fille de caractère plutôt réservé habitant la campagne québécoise pour qui est venu le temps de quitter l’école primaire et d’entrer au collège. Des films de cette sorte, on en a déjà vus plus d’un, c’est certain. Pourtant, si l’on y prend garde, on ne pourra qu’être séduit par le point de vue, malgré tout assez singulier, adopté par la réalisatrice, ne serait-ce que du fait du cadre dans lequel vivent les protagonistes. 

La spécificité du film apparaît subtilement, par petites touches qui peuvent sembler anodines mais qui sont, en vérité, très signifiantes. Dès la première scène, intervient un évènement presque banal et cependant chargé de sens : Camille (Irlande Côté), la petite sœur de Mylia, a trouvé, dans le poulailler, une poule morte pour avoir été le souffre-douleur de tous les autres volatiles. C’est une manière d’introduire à la cruauté du monde, un monde dans lequel les faibles sont les victimes des forts, un monde dans lequel il s’agit cependant de trouver sa place. 

Cette thématique est déclinée tout au long du film, non pas seulement du côté des animaux, mais de celui des humains. En effet, parmi les élèves du collège, se trouve un jeune amérindien prénommé Jimmy, venu d’une réserve voisine. Il se trouve, par ailleurs, que ce sujet, celui de la colonisation et de ceux qui ont été les victimes, est traité en classe par la professeure d’histoire. Malgré sa timidité, Mylia noue une amitié avec Jimmy, amitié qui, au fil du temps, révèle sa vraie nature amoureuse. Au contact du garçon, l’adolescente se découvre elle-même tout en s’initiant à des réalités de son pays. Ses yeux se décillent, sa sensualité s’éveille, mais aussi ses craintes. Mais ce qu’elle apprend de plus important avec Jimmy, me semble-t-il, c’est qu’il ne faut pas avoir peur de déborder du cadre, comme quand on colorie un livre d’images sans se soucier de mettre des couleurs hors de ce qui est prévu. Il faut tracer sa voie, sans nécessairement imiter des modèles. Ce n’est pas si banal, que d’apprendre ça. 

Luc Schweitzer


Les Abénaquis: Une histoire plus détaillée

Y a t – il une différence entre «Abénaquis» et «Wabanaki»?
Oui. Ces deux mots ont la même racine, qui signifie «Orientaux». Cependant, la 
Confédération Wabanaki était le nom d’une alliance qui comprenait non seulement les Abénaquis, mais aussi quatre tribus voisines: les Pentagouets , les Malécites , les Passamaquoddys et les Micmacs .

Au Canada, les deux bandes Abénaquis vivent dans les réserves Une réserve est une terre qui appartient à la tribu et qui est sous leur contrôle. Chaque bande Abénakis canadienne a son propre gouvernement, les lois, la police et les services, tout comme un petit pays.Cependant, les Abénaquis sont également citoyens canadiens et doivent obéir à la loi canadienne. Le chef de chaque bande des Abénakis est appelé Sagama ou sagamo dans leur langue.

La tribu des Abénakis n’est pas reconnue par le gouvernement fédéral aux ÉtatsUnis. Cela signifie que les Abénakis aux États-Unis ne disposent pas de réserves ou de leurs propres gouvernements. Les Abénaquis de la Nouvelle-Angleterre ont aussi des bandes avec des chefs, mais ils ne sont pas officiels.


Les Abénaquis sont un peuple amérindien de Nouvelle-Angleterre faisant partie des peuples algonquiens. Il y a deux tribus majeures d’Abénaquis : les Abénaquis de l’Ouest et les Abénaquis de l’Est. Au début du XXIe siècle, ils sont présents dans les États du Maine, du Vermont, du New Hampshire et au Québec.

Étymologie
Le nom Abénaqui vient des termes waban (la lumière) et a’Ki (la terre), on peut donc les désigner comme le « peuple du matin », le « peuple du soleil levant » ou encore le « peuple de l’Est ». Le nom originel de leur territoire Wabanaki correspond à ce qui est désormais la Nouvelle-Angleterre, le terme Wabanaki est parfois utilisé pour désigner l’ensemble des peuples de la région parlant des langues algonquiennes : les trois tribus d’Abénaquis, sont: les Micmacs, les Malécites et les Passamaquoddys. Plusieurs variantes du nom Abénaquis existent : Wabanaki, Abenaquiois, Abakivis, Quabenakionek, Wabenakies, etc.

Territoire

Ndakinna, qui signifie notre terre en langue abénaquise, s’étendait sur la plupart du Nord de la Nouvelle-Angleterre et jusqu’au Sud des provinces maritimes de l’actuel Canada. Les Abénaquis de l’Est étaient concentrés dans des parties du Maine à l’est des White Mountains du New Hampshire, pendant que la seconde grande tribu, les Abénaquis de l’Ouest, habitait à l’ouest des montagnes au Vermont et au New Hampshire, jusqu’aux rives orientales du lac Champlain.

Les limites sud de Ndakinna se situaient près de l’actuelle frontière nord du Massachusetts mais en excluant le pays Pennacook sur le fleuve Merrimack dans le Sud du New Hampshire. La petite tribu des Abénaquis maritimes vivait autour du fleuve Saint-Jean et de la rivière Sainte-Croix qui délimitent la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick


Réserves

Les Pentagouets ont une réserve comptant 2000 habitants à Indian Island dans la ville de Old Town dans le Maine. Les Passamoquoddy comptent environ 2500 personnes réparties dans trois réserves du Maine, Pleasant Point, Peter Dana Point et Indian Township. La communauté Houlton des Malécites a environ 600 membres, et il y a sept bandes de Malécites au Canada (470 personnes au Québec et 2000 au Nouveau-Brunswick).
Deux réserves sont situées dans la région Centre-du-Québec. La réserve Odanak, au Sud-Ouest de Trois-Rivières près de Nicolet, compte 1500 âmes et la réserve Wôlinak, près de Bécancour, en compte 400. Il y a environ 2500 Abénaquis de l’Ouest au Vermont et au New Hampshire, principalement autour du lac Champlain. Le reste du peuple Abénaquis est dispersé au Québec, au Nouveau-Brunswick et dans le Nord de la Nouvelle-Angleterre.

À l’arrivée des Européens, les Premières Nations étaient adaptées à leur environnement, par une fine connaissance des éco-sytèmes et grâce à leur ingéniosité. Les connaissances traditionnelles du territoire, adaptées au cours des siècles, se conjuguent désormais en développement durable par le Bureau de la Communauté.

Territoire de la réserve Waban-Aki

Entre Canada et États-Unis, le lac Memphrémagog (les “belles eaux”) offre des panoramas remarquables des Cantons-de-l’Est. Au nord du lac, la rivière Magog s’écoule vers le lac Magog et la rivière Saint-François qui se déverse dans le Saint-Laurent. Le lac s’étend sur 44 km de Newport (Vermont) à Magog (Québec).

Le lac servait de réseau de transport canotable aux Amérindiens et à la fin des années 1700, lorsque les défricheurs américains arrivèrent vers le nord en traversant la Nouvelle-Angleterre, le lac était encore une voie navigable essentielle. Au milieu des années 1800, le lac Memphrémagog devient un lieu de villégiature et de plaisance. A l’arrivée duchemin de fer (Passumpsic Railway et Waterloo & Magog Railway), la région se développe fortement.
Le lac est l’objet de nombreuses légendes dont celle d’un serpent marin qui habite les profondeurs au pied du mont Owl’s Head et empêche les autochtones de se baigner ou de nager. Au cours des deux derniers siècles, quelque 225 apparitions de la créature ont été rapportées (Cf. le StansteadJournal en 1847 :
« un animal étrange, ressemblant à un serpent de mer, (…) existe dans le lac Memphrémagog.» Le sobriquet de “Memphré” nomme le monstre.

Archéologie
Trois périodes sont traditionnellement reconnues pour décrire l’histoire ancienne des populations autochtones de la région.

Le Paléoindien
(entre 10 000 et 8000 ans) :
Les Amérindiens parcourent les territoires libérés par les glaces wisconsiniennes alors que la flore et la faune les reconquièrent. Les chasseurs, armés de lances pourvues de longues pointes à cannelures, suivent les caribous.

L’Archaïque
(entre 8000 à 1000 ans avant l’ère chrétienne) :
les groupes amérindiens exploitent les territoires du Sud Québec. Des traces de sépultures garnies d’offrandes funéraires et d’ocre rouge ont été retrouvées. Outre les pierres taillées et polies, le cuivre des Grands Lacs est martelé en feuilles et assemblé en pointes, couteaux, haches ou pour des ornements.

Le Sylvicole
(de 1000 ans avant notre ère à 1534) :
Les populations nomades se sédentarisent progressivement. La céramique permet la cuisson des viandes, des plantes sauvages ainsi que du maïs et de la courge cultivés lors des derniers siècles de cette période. Les groupes de la vallée du Saint-Laurent construisent des maisons longues, le territoire se partage entre les nations autochtones lors du premier millénaire et c’est ce découpage qui sera décrit par les premiers Européens.


Contact avec les Européens

Les Abénaquis sont décrits dans les Journaux des jésuites comme étant des sauvages “non cannibales” et dociles, ingénieux, pas profanes et modérés lorsqu’il s’agit de la consommation d’alcool. Ils urinaient dans le fleuve. Selon l’Abbé Maurrault (1866), les Abénakis fuient les Anglais vers les territoires canadiens vers 1680. En cédant l’Acadie à l’Angleterre « selon ses anciennes limites », le traité d’Utrecht (1713) crée une situation difficile pour les Abénaquis de la côte atlantique en territoire revendiqué par les deux Couronnes (Cf. Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre).

Le père Aubery, influent sur la population locale et spécialiste de la langue abénaquise, envoie un mémoire et des propositions cartographiques de délimitation à Paris : l’Acadie y serait limitée à la péninsule actuelle de la Nouvelle-Écosse avec un poste limite, l’ancien fort de Pemaquid, aujourd’hui Bristol (Maine), à partir duquel une ligne suivrait la hauteur des terres pour obtenir « une limite juste et certaine ». L’Acadie continentale reste cependant un territoire contesté.
En 1715, le père Aubery propose à nouveau de réunir l’ensemble des Abénaquis en un seul village (les missions de Bécancour et de Saint-François) et tente de dissuader Atecouando, chef abénaquis, et ses guerriers réfugiés à Saint-François de retourner près de la Nouvelle-Angleterre. Ainsi le missionnaire participe activement à la politique française qui souhaite conserver l’alliance avec les Abénaquis.

Ils sont en effet les alliés traditionnels des Français contre les Britanniques. L’un d’entre eux, Assacumbuit, est anobli sous Louis XIV. De 1670 à 1760, ils sont considérés par les Jésuites comme les “anges gardiens” des Français. Trois cents guerriers Abenakis participent à la bataille de Fort Carillon le 8 juillet 1758, avec les troupes franco-canadienne de Montcalm, qui fut une grande victoire française.

Face à l’annihilation par les Anglais et les épidémies, ils commencent à émigrer au Québec vers 1669, où deux seigneuries leur avaient été données. La première sur la rivière Saint-François s’appelle de nos jours la Réserve Indienne Odanak ; la seconde fondée près de Bécancour constitue la Réserve Indienne Wôlinak. Ces derniers reprennent les armes en 1812 pour protéger la colonie des Américains et ils combattent aux côtés des Patriotes dans la Rébellion des Patriotes de 1837.

 
Quand leur ville principale, Narrantsouac, fut prise par les Anglais et leur missionnaire Rasle tué en 1724, d’autres encore émigrèrent à Odanak, où d’autres réfugiés des tribus de Nouvelle-Angleterre s’étaient aussi installés.
Au début des années 1900, ils étaient représentés par les Malécites sur le fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick et au Québec (820) ; les Passamoquoddy dans la baie du même nom au Maine (400) ; les Pentagouets (Penobscots en anglais) à Old Town, aussi au Maine (400), et les Abénaquis à Odanak et à Bécancour (430).

Après l’essai raté de La Saussaye d’implanter une colonie au Mont Désert en 1613 – où les pères jésuites Biard, Masse et Quentin proposaient de convertir les Amérindiens – les Capucins, les Récollets, les Augustins, et quelques frères séculaires du séminaire québécois firent l’essai, avec un résultat négligeable. Le jésuite Druillettes y fut envoyé en 1646, mais n’y resta pas longtemps. Plus tard, d’autres missionnaires comme Bigot, Thury et De La Chasse y travaillèrent, mais en 1727, trois ans après le meurtre du Père Rasle, il n’y eut plus de prêtre au Maine après le départ des deux derniers, Syvesme et Lauverjat. Toutefois, les amérindiens furent occasionnellement visités par des frères. Au début des années 1900, il y eut des missions pour ce qu’il restait des tribus à Calais, à Eastport et à Old Town.

Un conseil tribal fut organisé en 1976 à Swanton au Vermont. L’état reconnut la tribu la même année mais lui retira cette reconnaissance plus tard pour des raisons inconnues. Les deux bandes abénaquises Elnu et Nulhegan reçoivent une reconnaissance officielle (statut) de l’État du Vermont, le 22 avril 2011. De plus, la Nation abénaquise Missiquoi I et la bande abénaquise Koasek du Koas reçoivent également un statut officiel par l’État du Vermont, le 7 mai 2012.

Population et épidémies

De quarante mille au XVIIe siècle la population est passée à moins de 2 000 au début du XXIe siècle ; à partir de cette époque, elle recommence à augmenter, favorisée par la politique québécoise en faveur des peuples autochtones. Ce sont les guerres coloniales ou inter-ethniques mais surtout la variole et la rougeole importées de l’Ancien Monde qui sont responsables de cette hécatombe.

Des 40 000 Abénaquis avant l’arrivée des Européens, environ 20 000 appartiennent à la tribu de l’Est, 10 000 de l’Ouest et le reste des provinces maritimes. Les premiers contacts avec des pêcheurs européens propagent deux grandes épidémies au XVIe siècle. La première a eu pour origine une maladie inconnue entre 1564 et 1570 et la seconde, le typhus en 1586. De multiples épidémies surviennent une décennie avant la colonisation anglaise du Massachusetts en 1620 ; trois différentes maladies ravagent la Nouvelle-Angleterre et la côte canadienne. Le Maine est fortement touché en 1617 avec un taux de mortalité de 75 %, réduisant la population des Abénaquis de l’Est à quelque 5 000 personnes. Les Abénaquis de l’Ouest, plus isolés, souffrent un peu moins, perdant cependant la moitié de leur population de 10 000personnes.

Les nouvelles maladies continuent de décimer les populations à commencer par la variole en 1631, 1633 et 1639. Sept ans plus tard, une maladie non identifiée frappe les Amérindiens puis la grippe l’année suivante.
La variole réapparaît en 1649 et la diphtérie 10 ans après. La variole frappe à nouveau en 1670 et la grippe en 1675. La variole meurtrière touche de nouveau tous les Amérindiens de la région en 1677, 1679, 1687 accompagnée de la rougeole. D’autres épidémies se propagent en 1691, 1729, 1733, 1755 et finalement en 1758.

La population des Abénaquis continue à diminuer mais en 1676, ayant recueilli parmi eux des réfugiés de beaucoup d’autres tribus du Sud de la Nouvelle-Angleterre fuyant la guerre avec les colons anglais, leur population se stabilise petit à petit, se mélangeant aux tribus des réfugiés. Pourtant, il ne reste qu’environ mille Abénaquis un siècle plus tard, après la Guerre d’indépendance des États-Unis. Ensuite, leur population remonte lentement à 12 000 aux États-Unis et au Canada.

 

Qui sont les Abenakis, peuple autochtone auquel appartient jimmy, le voisin de Mylia?

Hier

Les Abénakis se sont établis au Québec entre 1676 et 1680 dans la région de Sillery et ont par la suite vécu pendant une vingtaine d’années sur les rives de la rivière Chaudière, à la hauteur des chutes, avant de se fixer à Odanak et à Wôlinak au début du XVIIIe siècle. Leur nom d’origine est dérivé des termes w8bAn (la lumière) et aKi (la terre), qui signifient peuple du matin ou peuple de l’Est.

A cette époque, les Abénakis pratiquent une économie de subsistance basée sur la chasse, la pêche, la trappe, la cueillette de petits fruits ainsi que sur l’agriculture du maïs, des haricots, des courges, des pommes de terre et du tabac. Ils confectionnent des paniers tressés de frêne et de foin d’odeur pour la cueillette de baies sauvages et font bouillir la sève des érables pour faire du sirop. Lors des guerres franco-anglaises, les Abénakis s’allient aux Français. Une anecdote tirée de cet épisode relate l’histoire d’un guerrier dénommée Nescambuit qui aurait défendu la Nation des ennemis du roi Louis XIV, qui le reçut au rang de chevalier. La vannerie demeure une activité traditionnelle pour les membres des deux communautés.

AUJOURD’HUI

La population abénakise a plus que doublé au cours de la dernière décennie, pour atteindre 2101 membres aujourd’hui. Par ailleurs, un peu moins de 400 Abénakis vivent dans les deux (2) communautés dont les superficies totalisent un peu moins de sept kilomètres carrés.

Odanak et Wôlinak sont des communautés à vocation résidentielle situées dans les environs de Sorel et de Trois-Rivières. Le développement de projets à vocation touristique permet aux Abénakis de favoriser leur économie tout en préservant leur culture et leurs traditions. Par exemple, depuis 1960, la Société historique d’Odanak gère l’un des plus importants et premier musée autochtone du Québec, à quelques kilomètres de l’axe Québec-Montréal. Le Musée des Abénakis accueille au-delà de 5000 visiteurs chaque année.

Plusieurs entreprises abénakises connaissent une belle réussite: Wôlinak, l’entreprise Général Fibre de Verre Enr. emploie une dizaine d’autochtones et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de trois (3) millions de dollars. À Odanak, Transport DSD Inc. est actif dans le secteur économique du transport et de la distribution. Nommons également le restaurant Le Calumet, le dépanneur Dépan-O-gaz, la fromagerie Odanak, etc. Parmi les personnalités abénakises connues, on peut citer la cinéaste Alanis Obomsawin (ONF), la chanteuse Sylvie Bernard et l’ex-animateur de Radio-Canada Jean-Paul Nolet.

 


 Le système scolaire Québécois

Après étude du système scolaire au Québec, nous avons rapidement découvert les principales caractéristiques de l’école au Québec :

  • L’école maternelle commence à 5 ans (4 ans dans certains cas)
  • L’école primaire (obligatoire) commence à 6 ans et dure 6 années
  • La durée scolaire avant les études supérieures est de 13 années.

L’enseignement au Québec se donne en plusieurs langues (françaisanglais et langues algonquiennes). Lors de l’année scolaire 20052006, le français était la langue d’enseignement d’environ 85,9 % des étudiants, l’anglais, de 13,6 %, l’enseignement bilingue (anglais-français), de 0,3 %, et l’enseignement en diverses langues amérindiennes, de 0,1 %1.

En plus des enseignants de chaque classe, des spécialistes dispensent certaines matières comme les arts plastiques, l’éducation physique, l’anglais et la musique. L’année scolaire se découpe en 4 étapes : Septembre / Octobre-Mi Novembre / Novembre-Février et Mars-Juin.

Les élèves doivent apporter leur dîner. Et pas de possibilité de chauffer leur repas sur place. Pas d’uniforme exigé dans cette école. Par contre, pour l’hiver, les enfants doivent venir en bottes de neige et peuvent laisser une paire de chaussures à l’école, dans un casier personnel.

Le transport scolaire

Au Québec, les Commissions Scolaires ou les établissements d’enseignement organisent le transport scolaire au profit des élèves. Les bus jaunes, connus dans le monde entier, récupèrent les enfants pour les amener à l’école.

Mais comment fonctionne ce transport scolaire ?  Pour commencer, il n’est accessible qu’aux élèves de l’école maternelle et primaire.

A partir du secondaire, chaque élève doit se rendre à l’école par ses propres moyens (transports en commun). La secrétaire inscrit notre fils pour le transport scolaire. C’est la commission scolaire (csdm) qui détermine, en fonction de l’adresse (et l’éloignement de l’école), les normes d’admissibilité de l’élève au transport (distances de marche, zones dangereuses, etc.). 

 

 

 

 

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Bande Annonce et vidéos

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Documents à télécharger et pistes pédagogiques

documents pédagogiques  sur le Que bec, le peuple autochtone Abenakis et le, village de la réserve d’Odanak dont il est question dans le film ,  l’école au Québec et le harcèlement à l’école,
une critique fouillée
on y découvre de nombreux films et documentaires en lien avec les mots clés du film
lien du distributeur avec dossier de presse
article et photos sur la vie au village autochtone d’Odanak, voisin de celui de Mylia
blog avec documents pédagogiques sur le harcèlement à l’école

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