Le chanteur de Gaza

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  LE CHANTEUR DE GAZA À partir de 13 ans
Comédie dramatique – Hany Abu-Assad – Palestine – 2017 – 1h35 – VF
Chanter pour exister.
À Gaza, Mohamed chante depuis son plus jeune âge au grand plaisir de tous ses copains, jusqu’au jour où, clandestin, il décide d’aller en Égypte pour se présenter au célèbre concours « Arab Idol ».
Pistes pédagogiques : La passion, le conflit israélo-palestinien, rêve et réalité, l’amitié
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Depuis son plus jeune âge, Mohammed adore chanter. Avec sa bande de copains, menée par Nour sa sœur aînée, déterminée et qui déjà se dresse contre les règles établies, il saisit chaque occasion pour se produire sur les marchés, aux mariages… Leur quotidien à Gaza, entre la mer et les barbelés, est démontré de façon authentique et avec humour.

Quelques années plus tard, Mohammed se réveille, adulte. Chauffeur de taxi, il traverse les paysages dévastés, les maisons bombardées, les rues en ruines. Il ne désire qu’une chose : quitter ce bout de la terre, où deux millions d’habitants vivent sans perspective, emprisonnés chez eux. Rien ne peut l’empêcher de se présenter au célèbre concours « Arab Idol » en Égypte. Il entame la difficile et dangereuse traversée de la frontière avec un faux visa…

Hany Abu-Assad, réalisateur de nombreux films politiques sur le conflit israélo-palestinien, (Omar) nous montre avec le Chanteur de Gaza, entièrement tourné dans la bande de Gaza, un film plus doux, presque un conte de fée, où la musique réussirait là où la politique échoue. « Je veux vraiment que les Palestiniens soient fiers d’eux-mêmes. Ce n’est pas comme si le film allait changer leur situation, mais il peut les aider à changer et à croire davantage en eux-mêmes. » (Hany Abu-Assad)

Public : à partir de 13 ans

Ils ont fait le film

Une histoire vraie !

Le récit du retour en Cisjordanie de Mohammad Assaf, après sa victoire

Le vainqueur du concours de chant panarabe « Arab Idol », Mohammad Assaf, un Palestinien de Gaza, se produisait ce lundi soir devant quelque 40 000 spectateurs enthousiastes à Ramallah, en Cisjordanie.
La foule se pressait sur une place à proximité du mausolée du défunt président palestinien Yasser Arafat, au milieu d’un important dispositif de sécurité et d’ambulances mobilisées à titre de précaution. Mohammad Assaf a été accueilli par des acclamations à son entrée sur scène, entouré par un cordon de policiers le protégeant des centaines de personnes voulant se faire photographier avec lui.
« Je suis très heureux d’être parmi vous et avec l’aide de Dieu, je vous ai fait honneur », a-t-il déclaré avant de commencer son concert, à la demande du public, par son interprétation d’une célèbre chanson patriotique palestinienne, « Alli al kouffia » (« Brandis le keffieh »), évoquant Yasser Arafat.
Il appelle à « l’unité » entre Palestiniens.
Mohammad Assaf était arrivé ce lundi après-midi en Cisjordanie, gouvernée par l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, par le pont Allenby en provenance de Jordanie. Il a déposé une gerbe sur la tombe d’Arafat avant d’être reçu par Mahmoud Abbas. Après Ramallah, il doit se produire dans les principales villes de Cisjordanie : Bethléem, Hébron (sud) et Naplouse (nord).
Ramallah (Cisjordanie), ce lundi 1er juillet. Le gagnant du concours « Arab Idol », Mohammad Assaf, 23 ans, embrasse le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui lui a remis un passeport diplomatique. (AFP/Mohamad Torokman.)
L’ONG israélienne Gisha, qui milite pour la liberté de mouvement des Palestiniens, a souligné que la venue du chanteur était « exceptionnelle, non seulement parce que les Palestiniens considèrent Assaf comme un héros national, mais aussi parce qu’elle se démarque de la politique d’Israël consistant à bloquer l’accès entre Gaza et la Cisjordanie ». « Si Assaf était rien moins qu’une superstar, il aurait peu de chances de poser le pied en Cisjordanie, en raison de la politique israélienne limitant ce voyage à des circonstances humanitaires exceptionnelles », a rappelé Gisha dans un communiqué.
Doté d’une voix exceptionnelle, le jeune homme de 23 ans né en Libye et habitant à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, a remporté l’édition 2013 d’« Arab Idol » à Beyrouth, au Liban. L’annonce de sa victoire a déclenché des scènes de liesse dans les Territoires palestiniens. A son retour, le 25 juin, dans la bande de Gaza gouvernée par le Hamas, Mohammad Assaf avait appelé à la « fin de la division » avec la Cisjordanie et à « l’unité » entre Palestiniens.

Le Parisien

La victoire de Mohammad Assaf 
À 23 ans, celui qui est né en Libye mais a été élevé dans un camp de réfugiés de la Bande de Gaza, fait désormais la fierté de tous les Palestiniens, qui s’étaient réunis en masse dans les restaurants et cafés pour suivre la fin du programme. À l’annonce du nom du vainqueur, Mohammad Assaf s’est écroulé au sol, en larmes, conscient que sa vie était sur le point de changer. Et pour cause, seulement quelques minutes après sa victoire, la foule s’est retrouvée dans des rues de la bande de Gaza et de Cisjordanie devant des écrans géants, pour acclamer le chanteur.
Des portraits du jeune homme à l’allure de mannequin ont également été affichés sur les façades des immeubles. Jusqu’au bout de la nuit, les klaxons et les cris de joie ont résonné à Ramallah et à Jérusalem-Est, autour des remparts de la vieille ville. « C’est une fierté pour tous les Palestiniens. Il vient d’un endroit où les conditions de vie sont difficiles et aujourd’hui il devient un nouveau symbole pour le peuple palestinien », a commenté un jeune palestinien sur RFI. « Mohammad Assaf a grandi à Gaza et il est un modèle pour tous les jeunes ici qui veulent évoluer, montrer qu’ils existent. On chante pour la paix, pour notre terre. On ne chante pas pour des raisons politiques, on chante pour nous », a ajouté un étudiant.

Paris Match

Mohammad Assaf

Premier concert de Mohammad Assaf en Europe :

Un destin politique

Quand il a remporté « Arab Idol », Mohammad avait 22 ans. Aujourd’hui âgé de 27 ans, il continue de chanter et a sorti deux albums différents. Mais il est aussi devenu ambassadeur pour la paix pour l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Un parcours politique qui semblait inévitable pour le jeune artiste.
Au cours de l’émission, des célébrations avaient éclaté dans toute la bande de Gaza. Des portraits de Mohammad Assaf ornaient les façades des immeubles. Le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas avait même téléphoné à Mohammad Assaf pour l’encourager, selon l’agence officielle Wafa.
C’était la première fois qu’un Palestinien s’illustrait avec succès dans une telle émission. C’est d’ailleurs avec la célèbre chanson patriotique « Alli al kouffia » (littéralement, « Brandis le Keffieh », le foulard emblématique des Palestiniens) que le jeune homme avait remporté la finale du télé-crochet.
Depuis sa nomination par l’UNRWA, le chanteur semble porter haut et fort la cause palestinienne. Il s’est récemment mis en scène sur Instagram en train de boire un verre d’eau salée pour le « SaltWaterChallenge » en soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis le 17 avril en Israël, pour dénoncer leurs conditions de détention.
Dans la période traitée par Le chanteur de Gaza, le jeune Mohammad n’est pas engagé comme il est actuellement. Mais ça n’enlève rien à l’aspect politique du long métrage.
Le chanteur de Gaza est une des premières productions internationale tournée à Gaza. L’histoire se déroule pendant les bombardements sur la bande de Gaza entre 2012 et 2014. Certains groupes comme le Hamas sont aussi évoqués indirectement.
Mais c’est surtout le sors des réfugiés palestiniens coincés dans la bande de Gaza que le film retranscrit de façon indirecte. En se rendant en Égypte, Mohammad Assaf n’était pas sûr de pouvoir rentrer en Palestine. Depuis sa victoire il a obtenu un passeport diplomatique qui lui permet de voyager dans le monde entier.

Huffingtonpost

Hany Abu-Assad, réalisateur du film

Il est né à Nazareth en 1961 et a émigré aux Pays-Bas en 1980. Il en sera renvoyé parce qu’Arabe et non Juif israélien.
Il fonde les productions Ayloul Films en 1990 et tourne son premier long métrage en 1998 : Le Quatorzième poussin. Le chanteur de Gaza est sa 7e œuvre cinématographique.
Pour en savoir davantage : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hany_Abu-Assad

Un film politique ?

Les intentions du réalisateur 
«  Quand j’étais jeune, je voulais devenir un combattant pour la liberté. Ma liberté et celle des Palestiniens. Je voulais me battre, car qui d’autre le ferait pour moi ? Quand on est jeune, on n’a pas beaucoup de façons de s’emparer de la vie. Le combat en était une. Mais on ne peut pas se déclarer combattant tout seul, il faut être intégré à un mouvement. Ça ne s’est pas fait, pour des raisons finalement assez banales, notamment parce qu’on ne me trouvait pas la force physique pour ça. Alors, je me suis emparé de la vie à travers le cinéma. Et quand je l’ai fait, c’était toujours en me considérant comme un combattant pour la liberté. Mais avec les armes d’un réalisateur. »
Télérama, interview du réalisateur à propos de son travail

« Je veux vraiment que les Palestiniens soient fiers d’eux-mêmes. Ce n’est pas comme si le film allait changer leur situation, mais il peut les aider à changer et à croire davantage en eux-mêmes », a expliqué Hany Abu-Assad, nommé deux fois aux Oscars (pour Paradise Now et pour « Omar » en 2014), au cours d’un entretien avec l’AFP en mai 2016 aux Etats-Unis, où le film est sorti sous le titre « The Idol ».

Interview sur LCI par Marylin Letertre
Le réalisateur palestinien Hany Abu-Assad revient pour LCI sur le tournage du « Chanteur de Gaza » et sur le destin extraordinaire mais vrai de Mohammad Assaf, son héros qui s’enfuit de son camp de réfugiés pour rejoindre l’Egypte et y gagner la Nouvelle star arabe.
Quand avez-vous entendu parler de Mohammad Assaf pour la première fois ? 
Alors que j’étais à Cannes pour présenter mon précédent film Omar, ma sœur qui était avec moi m’a demandé quel serait mon prochain film. Elle m’a raconté l’histoire de ce jeune garçon qui a grandi à Gaza et qui parvient à vivre son rêve de musique. J’ai tout de suite compris qu’il y avait là quelque chose de très fort à filmer. 

Avez-vous rencontré le vrai Mohammad avant de faire le film ? 
Plusieurs fois, il devait jouer son propre rôle à l’origine. Mais finalement, il ne se sentait pas prêt à devenir un acteur aussi vite, alors que sa carrière musicale est encore toute jeune. 

Qu’avez-vous appris de lui ? 
Son expérience m’a fait prendre conscience de l’importance que peut avoir l’art dans des périodes sombres. Les politiciens essaient de nous diviser mais l’art a le pouvoir de nous rassembler. Tout le monde est tombé amoureux de la voix de Mohammad et de son histoire lorsqu’il est passé à la télé : il a fait le lien entre des gens généralement présentés comme des ennemis ou considérés comme très différents. Le soir de sa victoire, j’étais sur la grande place de Nazareth où étaient réunis des chrétiens, des musulmans, des jeunes, des vieux… tous célébraient ce beau moment. 

Votre film est politique ? 
Dans un sens. Certains essaient de déshumaniser les Palestiniens mais cette histoire prouve exactement le contraire : il est aisé de s’identifier à ce garçon qui ne cherche qu’à aller au bout de son rêve. Mohammad est devenu un symbole de beauté. Gaza est un endroit très difficile et les gens qui y vivent ont peu de sources d’espoir. Or, il en faut pour changer les choses. Mohamed leur a donné l’exemple.

Vos longs-métrages précédents étaient très noirs. Etait-ce un choix conscient de montrer un destin plus optimiste ? 
La vie est à la fois ombre et lumière. Or, en tant que cinéaste, je tiens à dépeindre le monde le plus fidèlement possible. Comme j’avais déjà exploré le côté obscur, je suis allé vers quelque chose de plus joyeux cette fois. Ces deux facettes peuvent et doivent coexister. Omar et Paradise now ne reflètent qu’une partie de la société palestinienne que je connais : le portrait aurait été incomplet si je n’avais pas aussi montré des histoires plus positives comme il en existe aussi chez nous. 

Vous êtes le premier à avoir été autorisé à filmer à Gaza qui n’avait pas accueilli de tournage depuis 20 ans . A quel point cela a-t-il été difficile ? 
Très. Ma directrice de production a insisté pendant six mois pour obtenir l’autorisation pour trois jours de tournage, principalement pour les extérieurs. Elle les a eus à l’usure je crois. Ensuite, les Israéliens ont tout fait pour nous empêcher d’entrer, en prolongeant les contrôles à la frontière par exemple. Nous nous y attendions. Mais une fois là-bas, nous n’avons pas eu de difficultés et cela a été très riche en émotions. Les Palestiniens de Gaza vivent sans eau, sans électricité, ont très peu pour se nourrir mais ils n’ont rien perdu de leur humanité et partagent tout ce qu’ils ont, leur joie y compris, avec une générosité incomparable. 

Vous êtes actuellement aux Etats-Unis pour un film ?
Je suis en montage de The Mountain Between Us, une aventure épique avec Kate Winslet et Idris Elba pour la Fox. Mon premier film américain prévu pour la rentrée. 

LCI

Les difficultés du tournage à Gaza

Y tourner n’a pas été une sinécure et entrer à Gaza a été un casse-tête logistique en raison du blocus imposé au territoire depuis la victoire du Hamas, il y a près de 10 ans. Limité à deux jours de tournage par les autorités israéliennes, Abu-Assad a choisi de se concentrer sur les extérieurs pour capter l’ambiance de Gaza et de tourner les scènes en intérieur à Jénine, en Cisjordanie, plus facilement accessible.
 
Quand vous entrez à Gaza, « tout est fait pour vous faire penser que vous êtes en route pour l’enfer », lance le réalisateur, « mais une fois que vous êtes à Gaza, vous vous libérez, vous devenez un esprit libre ».
 
« C’est fou. Malgré toutes les destructions, ils arrivent encore à faire une plaisanterie, ils chantent et savent apprécier la vie », s’émerveille Hany Abu-Assad. « Ils ont de l’espoir et cela les rend encore plus courageux. »

Culture Box

Deux regards sur l’aspect politique du film

L’un positif
« Pour moi, Le chanteur de Gaza est l’histoire d’un combat et le symbole de la volonté de survivre dans des conditions extrêmes. C’est un récit d’espoir et de succès, dans lequel un garçon et sa sœur ont su faire des forces de leurs faiblesses et ont rendu l’impossible possible : alors qu’ils venaient de nulle part, ils ont surmonté tous les obstacles, la pauvreté, l’oppression et l’occupation. Ils ont la capacité à transformer la laideur en beauté qui, en définitive, est la vraie force de l’art et moteur de l’espérance », explique le réalisateur. Véritable prison à ciel ouvert, Gaza enferme entre ses frontières toute une jeunesse en proie à l’insécurité financière, à la montée de l’extrémisme et aux guerres civiles.
Chirine Hammouch

« Le chanteur de Gaza », un puissant cri d’espoir pour la jeunesse palestinienne

L’autre réservé voire négatif de Rosa Llorens, publié dans http://soutien-palestine.blogspot.fr/2017/09/critique-le-chanteur-de-gaza-un.html et https://chroniquepalestine.com/chanteur-de-gaza-palestinien-a-hollywood/

La fin 
Le Chanteur de Gaza fonctionne donc selon tous les codes hollywoodiens, au point que la forme corrompt le message affiché (le soutien à un symbole palestinien) : c’est un feel good movie qui nous noie dans les bons sentiments et fait apparaître les images de la réalité (les ruines de Gaza après les bombardements israéliens de l’été 2014) comme une simple toile de fond pour une success story.
On n’en veut pas pour autant à HAA : il serait dommage qu’un grand réalisateur ne puisse pas tourner, et cela implique de jongler avec toutes sortes de sources de financement. En outre, HAA veut faire, non des films d’esthète, mais des films pour le grand public, pour assurer à la Palestine une plus grande présence médiatique. Toutefois, cet objectif ne peut être rempli qu’en trouvant un équilibre entre le caractère populaire du film (l’aspect thriller d’Omar) et le fond (l’histoire et son sens). Malheureusement, Le Chanteur donne beau jeu aux critiques : pour Télérama, il cherche à susciter « un émerveillement un peu simple »; pour Le Monde, le film suit trop docilement les codes de Hollywood, aggravés par « quelques clins d’œil aux débordements sentimentaux des comédies musicales égyptiennes » ; pour les Inrocks, le suspense (Mohammad gagnera-t-il le concours ?) « paraît dérisoire face aux enjeux géopolitiques et humains ».

Les acteurs
Tawfeek Barhom
Filmographie complète :
2017 – Marie Madeleine (Acteur) de Garth Davis
2015 – Le Chanteur de Gaza (Acteur) de Hany Abu-assad
2014 – Dancing Arabs (Acteur) de Eran Riklis
2014 – Mon Fils (Acteur) de Eran Riklis

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Ils en parlent

Le décor du film est naturel, c’est la ville palestinienne amoureusement filmée et pour la première fois dans une production internationale de cette ampleur. Gaza apparaît dans toute sa splendeur et sa fragilité, blanche entre deux bandes bleues, celle de la mer et celle du soleil.

Dans ses ruines, car elle est à moitié démolie, des nuées d’enfants courent, ceux du film se mêlant à ceux des rues, se moquant bien des tensions et vivant le présent.

Le grand moment du « Chanteur de Gaza » est celui du concours de chant télévisé où l’on découvre les coulisses de l’émission et le couronnement possible du chanteur palestinien. C’est une séquence où toute une nation communie, par l’intermédiaire des postes de télévision allumés dans chaque foyer de Gaza et dans tout le Proche Orient.

Points faibles

On peut trouver l’intrigue un peu trop linéaire et simpliste alors qu’en fait la mise en images est au service de la réalité.

http://www.culture-tops.fr/critique-evenement/cinema/le-chanteur-de-gaza#.WkJvb0xFyUk

Notre avis : En ce jour de juin 2013, ça bouge du côté de la bande de Gaza, territoire bien connu pour ces conflits, ces attentats et ces guerres civiles. Et pourtant, aujourd’hui, il ne s’agit que d’explosions de joies. Mohamed Assaf, un jeune réfugié palestinien de 23 ans, beau comme un dieu et à la voix chaude vient de remporter le concours de Arab Idol, l’équivalent de notre Nouvelle Star. Pour tout un peuple, il devient le symbole de la paix et de la capacité à réussir malgré des conditions de vie extrêmes.

Lui aussi contaminé par la liesse populaire, le célèbre réalisateur palestinien Hany Habu-Assad qui a déjà connu de nombreuses récompenses avec Paradise now, traitant de l’histoire de deux jeunes kamikazes palestiniens préparant un attentat-suicide à Tel-Aviv, puis plus récemment avec Omar, un thriller haletant, s’enthousiasme pour l’histoire incroyable mais vraie, à mi-chemin entre drame et conte de fées, de ce garçon dont la ténacité force l’admiration. Il nous livre alors un récit plein d’espoir, auquel il est difficile de rester indifférent.

Si le message politique est puissant, le réalisateur se garde bien de tout discours politique. Les ruines, la description des difficultés quotidiennes pour se soigner, pour gagner sa vie, pour vivre tout simplement suffisent à établir un constat accablant.
La première partie est consacrée à l’enfance du jeune homme. Mohamed et sa sœur Nour, ainsi que ses amis Omar et Ahmad ont créé un petit orchestre et malgré les destructions, le désespoir et les mauvais coups du sort, ils échafaudent des projets en apparence insensés. Leur groupe joue avec des instruments d’occasion en mauvais état mais leur ambition est sans limite. Mohamed et sa sœur ont décidé qu’ils se produiraient au célèbre opéra du Caire et nulle part ailleurs. Le ton volontairement naïf associé à la vivacité des enfants à l’interprétation remarquable donne toutes ses couleurs à l’histoire. En revanche, dès lors que notre personnage principal décide d’aller tenter sa chance ailleurs, le choix de la légèreté tant au niveau de la réalisation que des événements ne permet pas à l’émotion de se déployer comme on aurait pu l’espérer. Bien sûr, on s’amuse d’entendre Mohamed entonner un chant religieux pour amadouer un douanier. On se réjouit de la chance qui lui sourit alors qu’arrivé en retard, l’un des participants, charmé par sa voix à nulle autre pareille, lui accorde le fameux ticket indispensable à sa participation. Néanmoins, il nous faudra attendre la fin et l’explosion de la joie collective pour vibrer réellement. Et puisqu’il est question de musique, reste une bande son agréable à écouter et qui nous permet de nous familiariser avec quelques chansons arabes méconnues du grand public occidental.
S’il rend, de manière universelle, hommage au talent et à la volonté de surmonter les obstacles,
Le chanteur de Gaza est aussi l’occasion d’humaniser un peuple marginalisé et trop souvent oublié.

https://www.avoir-alire.com/le-chanteur-de-gaza-la-critique-du-film

Hany Abu-Assad, qui a évoqué l’occupation israélienne en Cisjordanie sur le mode tragique dans Paradise Now (2005) et Omar (2013), a saisi l’occasion du succès de Mohammad Assaf dans le concours Arab Idol, pour changer de mode. Il en a fait une fiction enlevée, qui finit par se fondre avec la réalité, mêlant dans ses dernières séquences extraits de l’émission, bandes d’actualité et prises de vues mises en scène. Le cinéaste se plie aux codes du genre, tels que Hollywood les a gravés dans le marbre, s’autorisant tout juste quelques clins d’œil aux débordements sentimentaux des comédies musicales égyptiennes.

Gaza, décor terrible

Hany Abu-Assad, qui est un cinéaste malin (au point d’être parfois roublard) sait très bien que cette configuration produira des effets inattendus par la seule présence du décor terrible qu’offre Gaza. Quand le film commence, pour raconter l’enfance de Mohammad Assaf (incarné successivement par Kais Attalah et Tawfeek Barhom), le territoire frappe par son exiguïté (lors d’une course-poursuite, on a l’impression que les enfants qui fuient traversent toute la bande en sautant de toit en toit), sa densité.

Une fois que le héros est arrivé à l’âge adulte, les ruines ont remplacé les quartiers grouillants (le film est le premier à avoir été tourné à Gaza après l’opération Plomb durci de 2008-2009). C’est de là qu’il doit sortir pour participer…

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/05/09/le-chanteur-de-gaza-une-idole-sortie-de-la-bande_5124604_3476.html

Récompensé par le prix du jury Un certain regard en 2013 pour son film Omar, le metteur en scène palestinien Hany Abu-Assad raconte ici une histoire vraie. Celle de Mohammad Assaf, un jeune chanteur qui, contre vents et marées, tente de quitter la bande de Gaza pour pouvoir participer à un jeu de télé-crochet musical regardé dans l’ensemble du monde arabe et intitulé Arab Idol – l’équivalent de The Voice en France.

Il va y parvenir. Le début du film est assez émouvant et décrit les mille et une tracasseries imposées aux habitants de la ville de Gaza. Mais dans la seconde partie, lorsque le spectateur découvre que le véritable sujet du film devient la victoire ou non de Mohammad – qui donnerait certes un espoir et une grande fierté à son peuple – dans ce concours télévisé, l’intérêt retombe, tant soudain ce suspense médiatique paraît dérisoire face aux enjeux géopolitiques et humains. Gagner un jeu de téléréalité changera-t-il le monde ? On a peine à le croire.

Jean-Baptiste Morain, http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/le-chanteur-de-gaza/

Le Chanteur de Gaza ne traite pas directement l’aspect politique de la question palestinienne. Le réalisateur ne fait que suggérer les atrocités notamment en ancrant ce récit dans un terrible décor fait d’immeubles en ruine… Le film se concentre sur la musique et l’espoir qu’elle représente, sur son pouvoir cathartique et celui qu’elle a de rassembler les peuples. Peut-être le film paraît-il quelque peu naïf : comment la musique pourrait-elle sauver le monde ? Mais aux lendemains des attentats de Manchester, on ne peut s’empêcher de voir en quoi elle constitue une des libertés les plus totales, de celles qui, pour certains, représentent un danger à éradiquer par tous les moyens. On peut reprocher au « Chanteur de Gaza » de ne pas être un film militant, mais le cinéma, au-delà de son propos, ne l’est-il pas toujours ? Mohammad Assad, lui, a su faire entendre sa voix et celle de tous les réfugiés palestiniens.

Lucie Gaillar

https://www.abusdecine.com/critique/le-chanteur-de-gaza

Cinéaste précieux (on lui doit Paradise now et Omar, deux films explosifs sur le conflit israélo-palestinien), Hany Abu-Assad s’égare un peu avec ce biopic hagiographique sur le gagnant palestinien, en 2013, d’Arab Idol, un concours de chant local. Sacrifiant aux règles larmoyantes du genre (drame personnel fondateur bien appuyé, absence de contrepoint), Le Chanteur de Gaza évoque un Slumdog Millionaire en mode télé-crochet. Ce n’est pas un compliment.

Christophe Narbonne (Première)

À l’image de Slumdog Millionaire, de Danny Boyle, où l’on suivait l’ascension grâce à un jeu télévisé d’un gamin indien pauvre (2009), le réalisateur palestinien Hany Abu-Assad raconte une success-story. Avec moins d’ambition que son homologue irlandais. Hany Abu-Assad s’est appuyé sur un destin exceptionnel. Si le film pèche par une réalisation et un montage inégaux, il est très bien interprété. Hany Abu-Assad a recruté des enfants des écoles de la région et Kais Attalah, qui joue Mohammad Assaf enfant, se révèle convaincant. De même, l’acteur israélien Tawfeek Barhom, dans la peau du chanteur adulte, offre une composition prodigieuse. Avec une réserve louable, il prête sa détermination à la « fusée de Gaza  » qui souhaite faire « entendre sa voix et celle de son peuple  ».

Nathalie Simon (Le Figaro)

Un film coupé en deux : le début réussite puis ensuite, délitement. 

https://www.zerodeconduite.net/blog/19326-le-chanteur-de-gaza-palestinian-idol.html#.WkJ360xFyUk

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