UN VRAI BONHOMME

 

Un vrai bonhomme
Benjamin Parent ‒ France/Belgique ‒ 2020 ‒ 1 h 28 ‒ VF

“C'est quoi, être un homme aujourd'hui ?” (Benjamin Parent)

Le souvenir obsessionnel d’un être cher peut-il nous empêcher de se construire ? C'est la question d’Un vrai bonhomme. Deux frères subissent un accident de voiture où l’aîné, Leo meurt. Son plus jeune frère, Tom, ne grandit plus depuis. Dans son nouveau lycée, Tom, introverti, plutôt mal dans sa peau, essaie de s’intégrer. Il essaie de briller en sport, de charmer les filles... suivant le modèle de Léo, le dur, le vrai mec, qui l’accompagne tel un mentor fantôme. Mais la présence de Léo est de plus en plus pesante, voire toxique et Tom a du mal à s’émanciper, à exister ‒ même devant ses parents. « C'est un film qui parle beaucoup d'une époque où on a beaucoup d'injonction sur notre image, sur ce qu'on est sensé être, avec beaucoup de pression. » (Isabelle Carré)

Public : à partir de 15 ans
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Ils ont fait le film
Ils en parlent

Telerama

Critique par Isabelle Poitte

Publié le 07/01/2020

Ce premier long métrage transforme la classique quête de popularité d’un lycéen de banlieue en une subtile histoire de deuil. Et de réinvention de soi.

On croit la connaître par cœur cette histoire du nouvel élève timide qui tente de se faire une réputation pas trop calamiteuse dans la jungle du lycée. Objectif : intégrer la bande des types populaires, et éviter à tout prix de finir par manger son steak-purée à la table des boloss… Mais c’est plus loin que Tom, le nouveau en question, nous entraîne dans le premier long métrage de Benjamin Parent, cocréateur de la série pour ados Les Grands, variation étonnante sur le thème incontournable des teen movies : la construction de l’identité.

Pour s’imposer, Tom compte sur les conseils de son frère aîné, Léo, archétype du mec cool, champion de basket vénéré par leur père, qui sait tout sur l’art d’être un homme, un vrai… Sauf que cette complicité rassurante comble en réalité une absence insupportable : Léo est mort dans un accident de voiture quelques mois plus tôt. Et ses conseils virent vite à l’injonction oppressante. Tom, garçon sensible et rêveur, n’a pas tant envie que ça de jouer le dur afin d’attirer l’attention de la fille la plus « stylée » du lycée ou de snober JB, l’impayable geek qui fait un pote digne de confiance. C’est finalement autant le poids du deuil et de la culpabilité du survivant que celui d’une virilité normative et dominante que le fantôme fait peser sur ses épaules…

Tout en injectant un peu des codes de la BD et du thriller fantastique dans la banalité du quotidien de la banlieue, Benjamin Parent filme des situations justes et drôles qui déconstruisent subtilement l’ordre sexué. Et montrent, sans rien asséner, ce que tout le monde peut y gagner.

https://www.lemagducine.fr/cinema/critiques-films/un-vrai-bonhomme-film-benjamin-parent-avis-10022917/

 

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