Capitaine Morten et la reine des araignées

 

Morten rêve de prendre le large à bord de La Salamandre avec son père le Capitaine Vicks, mais il doit rester à terre chez l’autoritaire Annabelle. Avec son complice Stinger, Annabelle veut s’emparer du bateau de son père, persuadée qu’il cache un trésor de pirates. Pour déjouer leurs plans, Morten va être entraîné dans une aventure fantastique. Réduit à la taille d’un insecte par un magicien farfelu, c’est dans le monde de la Reine des araignées qu’il va devoir conquérir ses galons de capitaine. Tout au long du film, Morten donne une importance aux petites choses. Cela lui rappelle sa situation de « petit » : Annabelle le rabaisse toujours, son père ne veut pas l’emmener avec lui, on lui ment…. Pour s’évader, le garçon s’échappe par la lecture et l’imagination. Le film est vu à travers son regard. Il devient le héros d’une aventure dans laquelle les personnages et les objets, dont il réinvente l’utilisation, ressemblent à ceux de son quotidien. Il les regarde avec son oeil prolongé par sa longue vue. Le cercle est une figure omniprésente. « Cela se reflète dans l’ensemble de la mise en scène et cela fait un bon contrepoint à l’écran qui, lui, a quatre angles. » (Jancis) C’est en devenant minuscule que Morten va grandir !

En savoir plus… http://www.septiemefactory.com/capitaine-morten-et-la-reine-des-araignees

À partir de 5 ans

Capitaine Morten et la reine des araignées
Animation – Kaspar Jancis, Riho Unt – Estonie, Irlande, Belgique, Royaume Uni – 2018 – 1 h 16 – VF
Être petit et vivre pourtant des aventures.
Pour fuir la méchante Annabelle, Morten, réduit à la taille d'un insecte par un magicien, va devoir conquérir ses galons de capitaine de bateau dans le monde de la Reine des araignées.
Pistes pédagogiques : insectes/mer et marins/animation stop motion/conquête de l’autonomie
27, mars, 201914:00Capitaine Morten et la reine des araignéesCinéma METROPOLIS Carte
30, mars, 201914:00Capitaine Morten et la reine des araignéesCinéma METROPOLIS Carte
4, avril, 201917:00Capitaine Morten et la reine des araignéesCinéma METROPOLIS Carte
Ils ont fait le film

Kaspar Jancis

Né en 1975, Kaspar Jancis est un metteur en scène, compositeur et scénographe Estonien. Il a débuté sa carrière artistique dans la création de courts métrages d’animations en 1999. Après plusieurs récompenses nationales pour ces nombreux courts-métrages, il obtient en 2010 le Cartoon d’or du meilleur court-métrage d’animation européen avec Crocodile. Son travail de compositeur lui a également valu la récompense de la meilleure musique de théâtre d’Estonie en 2013. Après avoir mené de front deux projets en 2014, la composition musicale d’un court métrage d’animation et la création des décors du ballet Petrushka pour l’Opéra National d’Estonie, il démarre la production de Capitaine Morten et la reine des araignées. Ce film est une première pour le réalisateur tant pour le format du long métrage que pour la technique d’animation en stop-motion qu’il n’avait jamais pratiqué auparavant. Synthèse de tous ces travaux et multiples savoir faire, Capitaine Morten, permet à Kaspar Jancis de partir à la rencontre d’un public international.

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Ils en parlent

« Capitaine Morten et la reine des araignées », flibustier en culottes courtes

De très belle facture, ce film d’animation en marionnettes est une étrange aventure de pirates dont le trésor est avant tout intime
Pour apprendre sur lui-même et évoluer, un personnage doit changer de perspective. Ou de taille. La miniaturisation du héros est un ressort assez souvent utilisé au cinéma, de L’homme qui rétrécit (1957), de Jack Arnold, à Ant-Man et la guêpe, de Peyton Reed, sorti mi-juillet.

C’est justement une guêpe qui ouvre Capitaine Morten et la reine des araignées, présentant au spectateur, selon son point de vue virevoltant, les décors du spectacle auquel il va assister. L’insecte jaune et noir atterrit sur la longue-vue de Morten, jeune garçon qui cherche à prendre de la hauteur sur le monde qui l’entoure, une petite ville portuaire de la Baltique.

Car l’enfant, constamment vêtu d’un costume de mousse, n’aspire qu’à une chose : lever l’ancre de la Salamandre, le vieux bateau de son père. Sa mère n’est jamais revenue de leur expédition au pôle Nord, où elle se serait transformée en pingouin, aux dires de son époux…
Une ambiance volontairement malsaine

Morten est gardé par Anna, une marâtre à la main de fer, prothèse bien réelle qui en dit long sur l’autorité de cette ancienne danseuse étoile. Le garçon n’est pas dupe des intentions de la rombière et de son complice, Stinger, un infâme grippe-sou : s’emparer du navire paternel qui dissimulerait un trésor de pirates.

C’est alors qu’un magicien maladroit, de passage en ville, réduit Morten à la taille d’un insecte. Catapulté dans un monde fantastique, dont les animaux sont la déclinaison des personnages humains de l’histoire, il va devoir prendre les commandes de son existence et affronter de terribles ennemis telle qu’Annabelle, la repoussante reine des araignées.

Peuplé de créatures extrêmement singulières, le film de Kaspar Jancis ne cherche pas la facilité en installant volontairement une ambiance malsaine et cruelle à bord de la chaussure qui sert d’embarcation à ce drôle d’équipage. Spécialiste de ce type d’atmosphère, Riho Unt, le grand artiste estonien de l’animation de marionnettes, fait par ailleurs bénéficier Capitaine Morten d’une technique exceptionnelle qui n’a rien à envier aux meilleures productions Aardman (Wallace et Gromit, mais aussi Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout), même si le scénario aurait gagné à être plus concis

Tiré d’un livre jeunesse écrit par le réalisateur lui-même, ce récit initiatique évoque davantage Alice au pays des merveilles avec ses personnages ambigus et inquiétants qu’un film de pirates aux ressorts manichéens. Dans cette aventure introspective, le trésor se trouve au fond des cœurs et non des cales.

Stéphane Dreyfus

Journal la croix

Voici, pour changer des super-héros, l’histoire d’un orphelin de mère qui attend que son père touche terre. Pour fuir la méchante femme qui le garde, Morten l’orphelin se transporte dans un univers imaginaire où il est réduit à la taille d’un insecte. Là, il échappera à la marâtre et à ses complices et trouvera le chemin qui lui permettra de quitter l’enfance.

Ce sont des contes que les enfants ont entendus mille fois, et le réalisateur Kaspar Jancis essaie de leur donner un nouvel élan en entremêlant les réalités. Mais le village où vivote Morten l’orphelin et le monde des insectes où il se trouve transporté apparaissent aussi gentiment fantaisistes l’un que l’autre sans que le passage de l’un à l’autre ne provoque de trouble. Les méchants ont beau essayer de se faire menaçants, ils n’effraieront probablement pas les plus craintifs parmi les plus jeunes.

Cette approximation est en grande partie compensée par la grâce des figurines animées, par la qualité de leur animation et des décors qui parfois paraissent inspirés de l’iconographie steampunk, et par la brièveté du film.

Film d’animation estonien de Kaspar Jancis (1 h 16). Sur le Web : www.septiemefactory.com/capitaine-morten-et-la-reine-des-araignees
Thomas Sotinel – Le monde

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Bande Annonce et vidéos

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