CHALA, UNE ENFANCE CUBAINE

Print Friendly
 chala A partir de 13 ans
Comédie dramatique – Ernesto Daranas – Cuba – 2015 – 1h48 – VOST
On ne choisit pas non plus les trottoirs de Cuba.
Chala, livré à lui-même, est contraint à des petits boulots pour vivre avec sa mère. La bienveillance de son institutrice et son attirance pour Yeni, lui évitent la délinquance.
 

Chala vit dans les quartiers pauvres de La Havane. Il ne connaît pas son père et il ne peut compter sur sa mère pour subvenir à ses besoins. Livré à lui-même, il est conscient de franchir les limites de la légalité en s’adonnant à des petits boulots qui assurent à tous deux le minimum vital. Heureusement, il y a l’école ! Carmela l’institutrice, les copains et Jeni son amoureuse lui laissent entrevoir un monde meilleur.
« Un enfant a besoin de quatre choses : une maison, une école, de la rigueur et de l’affection.» martèle Carmela. Mais pour que Chala reste dans son l’école, elle se heurte à l’institution, aveugle et implacable.
Ernesto Daranas offre une peinture de la vie quotidienne des quartiers populaires de La Havane que le directeur de la photographie, Alejandro Perez, filme avec talent. Le réalisateur pointe les dysfonctionnements du système politique, sa bureaucratie, ses lourdeurs et la misère qu’ils engendrent mais il montre en même temps le dynamisme de la population, restée fidèle aux valeurs de la révolution.

Prix du meilleur acteur pour Armando Valdes Freire au Festival de Valenciennes 2016)
Meilleur film et Meilleur Acteur (Armando Valdés) – Festival de cinéma latino-américain de La Havane
Meilleur film – Festival international de Bogota
Prix du Public – festival Filmar en America Latina, Genève
Prix du Public, Meilleure Actrice (Alina Rodríguez), Meilleur Film, Meilleur réalisateur – Festival de Malaga
Prix du Public, Festival International du Film de Pau
Premier Prix du Public, Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain, Lyon

Ils ont fait le film

Ernesto DARANAS

Biographie de Ernesto DARANAS :

Réalisateur et scénariste cubain, né en 1961 à La Havane (Cuba).

Après avoir beaucoup écrit pour la radio (chroniques, pièces, contes, séries…) puis pour la télévision.

Le documentaire « Les derniers joueurs de cornemuse de La Havane » en 2004, co-réalisé avec Natacha Vázquez, a reçu plus de dix prix dont le prix ibéro-américain de Journalisme Roi d’Espagne en 2004.

En 2005, le téléfilm « ¿La vida en rosa? » a obtenu le Grand Prix du Festival National de Télévision de Cuba, et d’autres prix.

Son premier long-métrage, en 2008, « Los dioses Rotos », a obtenu un prix au festival du cinéma de La Havane.

« Chala » est son second long-métrage.

A 54 ans, Ernesto Daranas a surtout travaillé pour la radio et la télévision de son pays, Cuba. Chala, une enfance cubaine est son deuxième long métrage de cinéma, le premier, Los dioses rotos (Les dieux cassés), film de 2008, n’ayant jamais atteint nos rivages. Chala, une enfance cubaine a été le fruit d’un travail d’équipe mené par Ernesto avec ses étudiants de la Faculté des Médias Audiovisuels de l’ISA (l’Université des arts de Cuba) et a ensuite écumé les festivals du monde entier, en y glanant un nombre impressionnant de récompenses. Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film.

Le chef opérateur Alejandro Pérez.

Deux films : Viva Cuba et Chala, une enfance cubaine

[collapse]
Ils en parlent

Chala, 12 ans et des poussières, court tout le temps : sur les toits, dans les rues brûlantes de La Havane, dans les es­caliers décrépits de son immeuble, dans les couloirs de son école. Le film entier semble possédé, galvanisé par cette énergie brute. Et pourtant, sur le papier, le quotidien de ce Gavroche la­tino n’a rien d’exaltant. Tout seul avec une mère toxico, perpétuellement hagarde ou fracassée, Chala élève des chiens de combat pour gagner de quoi survivre. Il traîne sur les voies ferrées avec ses copains et se fait réguliè­rement houspiller par la police. A un cheveu de la délinquance. Sauf que le réalisateur (et auteur) du film s’éloigne résolument du mélo social. Il choisit l’éclatante lumière du jour plutôt que la noirceur, la gouaille ­plutôt que le ­désespoir. Et puis, il y a Carmela, la maîtresse d’école, du genre qui vous marque à vie. Pilier du quartier, adorée des élèves, bourrue, farouchement dévouée, elle rattrape des gamins par la peau du cou, comme des chiots perdus. C’est l’autre héroïne du film, une belle figure d’enseignante altruiste et tête de mule, une femme forte, malgré les fatigues de l’âge et les pressions de la société.

Derrière sa lutte à elle pour défendre Chala se dessine en filigrane la critique d’un pays coincé entre misère, émigration et lourdeurs bureaucratiques. Le portrait d’une dictature à bout de souffle, qui contraste avec l’endurance et le cran de ses habitants. Porté par des comédiens très charismatiques, du plus jeune à la plus âgée, Chala touche à quelque chose d’universel : le bouillonnement de l’enfance, ce torrent de promesses qui déborde des salles de classe jusque dans les rues. On pense sans cesse à L’Argent de poche, de Truffaut : même vivacité, même relation salvatrice entre un gosse malmené et son prof, même fraîcheur naturaliste, des frasques entre copains aux amours naissantes. Et surtout même réponse ouverte, impertinente, gorgée d’espoir, à la violence du monde des adultes. — Cécile Mury Télérama

Un film qui décrit non seulement la pauvreté à Cuba, mais qui surtout s’arrête sur le problème de l’éducation, à travers le regard d’un enfant laissé pour compte du progrès social cubain. Energie et chaleur humaine garanties.

L’argument : A la Havane, Chala, 11 ans, vit seul avec une mère incapable de s’occuper de lui en raison de ses addictions. Livré à lui-même, il trouve en Carmela, son institutrice sexagénaire une figure maternelle bienveillante. Mais lorsque celle-ci s’absente pour raison de santé, sa remplaçante en profite pour le signaler aux services sociaux qui décident de l’envoyer dans une maison de redressement pour jeunes délinquants.

Notre avis : Vu de l’étranger, Cuba renvoie une image quelque peu misérabiliste. Même si son cinéma n’en occulte pas les dures conditions de vie, il transmet souvent une belle joie de vivre. C’est encore le cas de ce film. Immense succès dans son pays, il rend hommage à celles et ceux qui se solidarisent pour améliorer matériellement et surtout moralement le quotidien laborieux des enfants de ce pays longtemps abandonné du monde. La lumière magique de La Havane, joliment captée par Alejandro Perez en fait un décor attirant. Le ciel immensément bleu, les vagues à l’écume blanche qui se fracassent contre la plage forment un tableau idyllique atténuant la misère alentour.
Certes, Chala court dans la rue nuit et jour. Il entraîne des chiens pour des concours, il élève des pigeons, il renâcle à aller à l’école. Il sait qu’il ne peut compter que sur lui pour trouver de quoi payer les factures de sa mère alcoolique et droguée. Il n’hésite pas à choisir les voies de chemin de fer ou l’immensité de la baie maritime comme aire de jeu avec ses copains. Il s’adonne à des trafics louches et fréquente des individus peu recommandables mais pas de pathos dans tout ça. En choisissant le jeune Armando Valdes Freire pour incarner Chala (qu’il n’a pourtant engagé qu’au tout dernier moment, lui ayant préféré initialement de jeunes comédiens plus expérimentés), le cinéaste souhaite surtout ne pas nous apitoyer. Chala est un combatif. Son regard décidé et son pas déterminé le prouvent. C’est ce qui le rend si drôle et si attachant. Il frôle certes sans cesse le statut de voyou. La vie qu’il mène l’a endurci mais la tendresse qu’il voue à cette mère irresponsable prouve qu’il est loin d’être un mauvais garçon.

Bodega Films
D’ailleurs, il saura faire preuve de sentiments forts, d’abord avec une fillette de son âge, Yeni, et puis surtout avec Carmela, son institutrice, deux personnages dont la vie est également jonchée d’obstacles. Assurément, ce duo formé par cette femme, séparée de son petit-fils et cet enfant en manque de tendresse apporte toute sa fraîcheur à ce joli mélo. Le combat qu’elle va mener pour lutter contre la rigidité administrative d’un système éducatif destructeur est touchant. Les scènes où Chala trouve repos et compréhension auprès d’elle sont les plus justes. Dans sa classe, Carmela instaure amour et engagement, répondant ainsi aux besoins des enfants dont les familles, nombreuses à Cuba, vivent en marge de la société. Au-delà de nous décrire le parcours d’un enfant abandonné, le réalisateur souhaite dénoncer les carences d’un système qui n’arrive pas à répondre aux aspirations de ses habitants. Une belle leçon de vie sensible et juste, portée par personnages n’oubliant jamais le sens de l’ironie et de l’humour.(Avoir à lire)

… Il ne faut pas attendre du film d’Ernesto Daranas des velléités contestataires à l’égard du pouvoir en place, la production étant assurée par l’Institut Cubain des Arts et des Industries Cinématographiques : tout au plus fera-t-on allusion à l’âge des dirigeants du pays pour rendre illégitime la décision de mettre à la retraite une institutrice vieillissante que sa hiérarchie juge encombrante. Pourtant, le scénario ne manque pas d’opportunités pour aborder de front des sujets encore tabous dans la société cubaine : la prostitution, la consommation de drogues, le racisme, la place de la religion à l’école, etc. Si ces thèmes ne sont pas traités sous un angle véritablement polémique – entendons par là sociétal dans la mesure où ils sont à chaque fois le fait d’un personnage en mesure d’exercer son libre-arbitre au-delà de ce qu’imposerait le système –, Ernesto Daranas s’en tire correctement en évitant de tomber dans les jugements de valeur. Certes, le parcours de la mère de Chala est parfois dépeint à la manière d’un Dossier de l’écran (sexe tarifé, consommation de drogues, manquements répétés aux devoirs maternels) mais le propos du film n’est pas pour autant de faire corps contre elle. Par le prisme de la vieille institutrice sévère mais bienveillante, Chala, une enfance cubaine exige plutôt de chacun de ses personnages le maximum de ce qu’il est capable de donner, porté probablement par l’espoir sincère d’amener les spectateurs cubains à cultiver empathie et tolérance à l’égard de leurs semblables. (CRITIKAT)

[collapse]
Bande Annonce et vidéos

[collapse]
Documents à télécharger et pistes pédagogiques

  CHALA UNE ENFANCE CUBAINE : Dossier Pédagogique (3,1 MiB, 156 hits)

Bibliographie autour de Chala une enfance cubaine 

Cuba, Jean Lamore
PUF Collection Que sais-je ?
La Révolution cubaine (1959-1992) Cinéma et Révolution à Cuba (1959-2003)
Jean Lamore
Collection CNED-Sedes concours

La légende de Taita Osongo, Joël Franz Rosell Editeur Ibis Rouge Eds

Dayana, enfant de Cuba Barbara Castello Pascal Deloche Edit PEMF Collection Enfant du monde

Cuba, destination trésor, Joel Franz Rosell, Editeur : Hachette Jeunesse

Malicia Horribla Pouah, la pire des sorcières. Joel Franz Rosell Hachette Jeunesse

Je suis chocolat !, Bénédicte Rivière Editeur : Les petites moustaches

[collapse]

Les commentaires sont fermés