De jeunes héros enfants ou adolescents, des films pour tous 

Le garçon qui faisait danser les collines (2026)

Bande annonce

Informations sur le film

  • Réalisateur : Georgi M. Unkovski
  • Public : À partir de 12 ans
  • Genre : Drame
  • Pays : Macédoine, République tchèque, Serbie, Croatie
  • Langue : Macédonien VOST
  • Durée : 1h39
  • Age : A partir de 14 ans
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Synopsis

Récit initiatique en plein cœur de la Macédoine entre tradition et modernité

Ahmet, 15 ans, grandit au milieu des montagnes de Macédoine, où il garde les moutons de son père tout en prenant soin de son petit frère. Mais lui, ce qui le fait rêver, c’est la musique. Entre les attentes de son entourage et ses envies d’ailleurs, Ahmet pourra-t-il un jour suivre son propre chemin ?

« En vrac, un jeune berger en Macédoine du Nord, dans une communauté turque, une brebis rose égarée, un enfant mutique, une jeune fille face à un mariage arrangé. C'est comme si le cinéaste s'amusait avec ce fameux cliché, "entre tradition et modernité", très prisé des agences de voyage, mais qui prend ici tout son sens. Le film est terriblement drôle, un peu brusque parfois dans ses ruptures de ton, mais il a beaucoup de choses à dire et se moque avec malice de la religion comme du machisme ambiant. » (Extrait du site « senscritique.com »)

Thématiques et pistes pédagogiques

La Macédoine, dépaysement et paysages magnifiques garantis, un conte entre tradition et modernité, rapport à la religion, émancipation des jeunes filles et mariages forcés...

En savoir plus 

Documents à télécharger et supports pédagogiques

Ils ont fait le film

Conférence de presse au festival du film de Sarajevo (en anglais) :

 

Une critique détaillée

 

Interview réalisateur (traduit du site Cineuropa) :

Après deux courts métrages, le scénariste-réalisateur macédonien Georgi M Unkovski réalise son premier long métrage avec DJ Ahmet, un charmant récit initiatique dans la Macédoine du Nord rurale, qui vient d’être présenté en première mondiale au FESTIVAL DE CINEMA DE SUNDANCE. Le conte d’Unkovski s’enracine dans le réalisme social tout en explorant des espaces plus oniriques et imaginaires, en utilisant la musique comme guide pour son acteur principal de 15 ans, qui jongle entre ses désirs d’amour et ses responsabilités envers sa famille.

Cineuropa: Qu'est-ce qui vous a amené à raconter une histoire centrée sur un jeune héros pour votre premier long métrage? Cela offre une perspective riche mais particulière de ce cadre rural.

Georgi M Unkovski: Je traite toujours de ces personnages qui ont du mal à trouver leur place. J’ai commencé par ces choses vraiment contrastées qui sont très courantes en Macédoine du Nord, où deux générations doivent coexister: une qui a grandi d’une manière très traditionnelle, et une nouvelle génération qui a Internet, TikTok et Instagram. La minorité ethnique yuruk est la version la plus extrême de ce contraste. Ils ont fait l'objet de nombreux documentaires, et je pensais que ce serait incroyable si nous pouvions faire un film de fiction avec eux. J’ai commencé le travail avec Ozel Asanov, qui était mon consultant en scénario et l’une des rares personnes de ce village qui a obtenu son diplôme de la Faculté des arts dramatiques. Grâce à sa collaboration, nous avons commencé à travailler avec la communauté en général. Dès le début, je savais que le film devait être dans leur dialecte local autant que possible.

DJ Ahmet remet en question l’idée que la tradition et la modernité sont toujours en compétition pour gagner, plutôt que de coexister.

Il y a eu un moment très particulier lors de notre mission de repérage, et nous étions vraiment haut dans les montagnes, dans ce village très traditionnel principalement habité par des éleveurs de moutons et des cultivateurs de tabac. Nous marchions depuis un certain temps, quand, parmi tous ces bâtiments en pierre, nous avons entendu cette musique électronique forte venant d'une des maisons. À ce moment-là, j’ai réalisé que les choses que nous essayions de faire n’étaient pas complètement fictives.

Le design sonore et la musique sont quelques-uns des aspects les plus inventifs du monde du cinéma, qui nous fait vraiment entrer dans la tête d’Ahmet à travers son point de vue sonore. D'où vient cette idée ?

La première chose qui m’a passionnée, a été le mélange de musique ethnique ou traditionnelle réinterprétées comme de la musique électronique. J'ai écouté ce genre de musique pendant longtemps avant le film. L'une des premières images que j'ai eu en tête était ce berger tombant sur une rave techno dans la forêt [ce qui se produit dans le film]. Ce fut le point de départ qui ne m'a vraiment pas laissé dormir un instant avant même d'écrire quoi que ce soit. C’est aussi un peu personnel, d’une certaine manière, car cette musique était mon évasion de beaucoup de choses et m’a aidé à faire face à de nombreux problèmes dans ma vie. Je pense que c’est pourquoi, à travers le point de vue d’Ahmet, cela semble toujours un peu plus imaginaire que réel.

La dynamique entre Ahmet et son jeune frère Naim est vraiment tendre tout en étant très complexe lorsque le père est impliqué.

J'ai toujours voulu avoir l'ombre d'Ahmet présente comme un peu son miroir. Je pense qu'il est important pour le personnage principal de l'avoir parce que cela l'aide vraiment à montrer son vrai visage dans certaines situations. Je suis vraiment fier du travail que nous avons fait sur le casting: nous avons vu plus de 3.000 jeunes acteurs pour ces deux rôles. Trouver Ahmet [Arif Jakup] nous a vraiment donner l’impression d’avoir touché le gros lot – même chose pour Naim [Agush Agushev], l’enfant, parce qu’il était incroyablement expressif et émotionnel sans même parler.

Avez-vous auditionné localement en fonction de la nécessité pour les acteurs de parler un dialecte spécifique?

Oui, Arif est du village où nous avons tourné le film, tandis qu'Agush est d'une ville, Radoviš, très proche du village. Ensuite, nous avons Dora [Akan Zlatanova], la fille qui joue Aya, qui est de Strumica, encore à 50 km. Tous sont d'une région similaire, et je pense que c'était aussi la clé. Ils connaissent ce monde, donc une grande partie de cette authenticité était qu’ils sachent exactement de quoi nous parlions avant même de nous rencontrer pour la première fois.

L’une des affiches du film est un mouton rose – ce que les spectateurs comprennent mieux après avoir vu le film – cela fait écho à l’idée d’être le mouton noir d’une famille ou de la société. Comment envisagez-vous l’individualité en ce qui concerne le message du film ?

Je pense que la plupart d’entre nous, peut-être à un moment de notre vie, s’identifient au mouton rose – ou au mouton noir. Le mouton rose qui revient à la fin du film était mon compromis entre garder son individualité, mais d'une manière ou d'une autre, trouver sa place ou un moyen de fonctionner dans un environnement qui n'est peut-être pas encore prêt pour vous. Et pourtant, il y a une forme d’acceptation à la fin, donc il s'agit de ne pas perdre son esprit tout en trouvant sa place et en acceptant son rôle.

Traduction : Bettina Delcourt

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